Le porte-parole du département d’Etat, Nicholas Burns, a refusé de se prononcer sur le contenu du rapport. Selon la presse israélienne, il indique que plus d’un quart des logements dans ces colonies sont inoccupés et Washington veut se servir de cet argument pour convaincre Israël de geler la colonisation, ce que réclament précisement les Palestiniens.
M. Burns a souligné que les Etats-Unis établissaient régulièrement de tels rapports sur les colonies et leur taux d’occupation, à l’intention du Congrès américain, et qu’ils «les utilisaient dans les discussions avec le gouvernement israélien».
Il a aussi rappelé que les Etats-Unis «n’avaient jamais été d’accord avec le gouvernement israélien, quel qu’il soit» sur la colonisation juive, dont Washington considère qu’elle nuit au processus de paix.
Au cours de sa récente tournée dans la région, le principal négociateur américain Dennis Ross «en a discuté de manière générale» avec ses interlocuteurs israéliens mais sans évoquer explicitement le rapport, a-t-il précisé.
Un haut responsable américain a ensuite admis sous couvert de l’anonymat que Washington «ne voulait pas de débat public» sur ce sujet parce qu’il s’agit «d’un des points les plus délicats des négociations sur le statut final» des territoires palestiniens.
Le premier ministre israélien avait démenti mardi l’existence de logements vides dans les colonies juives. «Nous ne construirions pas (dans les implantations) s’il y avait tant de logements vides», avait-il ajouté. «Il ne s’agit pas d’un rapport (américain) mais d’un article de presse», avait-il affirmé.
Cependant, un diplomate américain de haut rang a confirmé que les chiffres cités par le «Haaretz» étaient bien issus d’un rapport américain.
Selon l’étude réalisée en février dernier — notamment à l’aide de satellites —, 9.939 logements sont inoccupés sur un total de 41.000 dans les implantations de Cisjordanie, soit quelque 26%. Dans les colonies de la bande de Gaza, le taux de logements vides grimpe à 56%.
Les Palestiniens réclament en vain qu’Israël gèle la colonisation pour pouvoir reprendre les négociations de paix, interrompues depuis qu’Israël a mis en chantier, le 18 mars, une nouvelle implantation à Jérusalem-Est.

