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Actualités - Chronologie

Les années Rafsandjani , ou la normalisation contrariée

TEHERAN, 20 Mai (AFP). — Le président iranien Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani arrive au terme de son second mandat sans avoir réussi le passage d’une société traumatisée par huit années de guerre à une république islamique prospère à l’intérieur et crédible à l’extérieur.
Tout au long de ses huit années de présidence, M. Rafsandjani, 63 ans, a eu à faire face aux conséquences d’une politique qui a été très souvent contradictoire aussi bien sur le plan national qu’international.
Sur le plan intérieur, le chef de l’Etat a eu notamment à affronter la pression croissante des conservateurs, devenus majoritaires depuis les années 1990 au sein du régime, sur les décisions économiques et culturelles.
Plusieurs observateurs estiment en effet que M. Rafsandjani «n’a pas eu les mains libres» pour réaliser sa politique à la tête de l’Etat iranien en raison d’une opposition structurée dirigée de l’intérieur même du régime par le clergé conservateur.
Même s’ils partageaient au départ les grandes lignes de la politique d’ouverture et de réformes économiques préconisée par M. Rafsandjani, les conservateurs n’ont pas ménagé leurs critiques à l’égard des conséquences de cette politique de libéralisation sur les «déshérités», principale base sociale du régime.

Crise de pouvoir
d’achat

Pris entre deux conceptions diamétralement opposées, M. Rafsandjani a fini par se soumettre à la «volonté» des ses pairs conservateurs mais aussi aux «directives» de plus en plus nombreuses du guide de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei.
Pour M. Khamenei, le «numéro un» du régime, l’Iran a fait une «révolution culturelle» pour «préserver l’islam et son enseignement» et c’est pourquoi «toute action sociale, culturelle et politique» doit s’inspirer «essentiellement» de l’islam.
De plus en plus préoccupé par le mécontentement des couches démunies de la population, principales victimes de la politique économique d’après-guerre, l’ayatollah Khamenei a modifié plusieurs fois les orientations du gouvernement.
Dans le domaine économique, où l’action du gouvernement dans le secteur des infrastructures a été incontestablement positive, le président a eu là aussi à se plier au souhait des conservateurs.
«L’Iran ne doit opter ni pour une économie de type occidental ni pour une économie centralisée de type socialiste», avait affirmé l’ayatollah Khamenei à l’occasion de la réélection de M. Rafsandjani en 1993.
Les graves difficultés économiques du pays et le résultat relativement faible (63% des voix en 1993 contre 94,51 en 1989) enregistré par M. Rafsandjani lors du dernier scrutin présidentiel ont renforcé l’influence et l’emprise des conservateurs sur le régime.
Sur le plan extérieur, le gouvernement a eu à se battre sur plusieurs fronts, mais sans résultats significatifs: vis-à-vis des pays islamiques, l’Iran continue de susciter inquiétude et méfiance notamment auprès de ses voisins de la région.
Avec l’Occident, les relations sont restées tendues. Le premier mandat présidentiel de M. Rafsandjani a été marqué par une crise persistante avec l’Europe en raison de l’affaire Salman Rushdie, condamné à mort par une «fatwa» religieuse de l’imam Khomeiny.
TEHERAN, 20 Mai (AFP). — Le président iranien Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani arrive au terme de son second mandat sans avoir réussi le passage d’une société traumatisée par huit années de guerre à une république islamique prospère à l’intérieur et crédible à l’extérieur.Tout au long de ses huit années de présidence, M. Rafsandjani, 63 ans, a eu à faire face aux conséquences d’une politique qui a été très souvent contradictoire aussi bien sur le plan national qu’international.Sur le plan intérieur, le chef de l’Etat a eu notamment à affronter la pression croissante des conservateurs, devenus majoritaires depuis les années 1990 au sein du régime, sur les décisions économiques et culturelles.Plusieurs observateurs estiment en effet que M. Rafsandjani «n’a pas eu les mains libres» pour réaliser...