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Actualités - Chronologie

Paris redoute les effets destabilisateurs sur l'Afrique

PARIS, 19 Mai (AFP). — La France, qui a longtemps soutenu le président Mobutu Sese Seko, redoute les effets déstabilisateurs en Afrique de la prise du pouvoir par la force du chef de la rébellion zaïroise Laurent Désiré Kabila.
Le gouvernement français a annoncé — plus de 48 heures après le départ du maréchal Mobutu — que ses relations avec le nouveau régime zaïrois seront définies en fonction des actes de ce dernier, manifestant ainsi son embarras après avoir réclamé en vain une solution politique négociée et une transition pacifique.
Gêné par les critiques, tant de la gauche que de certaines personnalités de droite, contre la «faillite» de sa politique africaine, à une semaine des élections législatives, Paris se défend de s’être accroché au président Mobutu.
Dans les milieux autorisés, on insiste sur le fait qu’une transition ordonnée était nécessaire pour empêcher que Laurent-Désiré Kabila ne fasse des émules dans d’autres pays africains — qu’ils soient francophones, anglophones ou lusophones —, où des pouvoirs autoritaires installés de longue date n’ont été que récemment légitimés par les urnes.
Cette crainte est avivée par le fait que, dans son «pré-carré» africain, la France s’appuie sur des dirigeants comme Gnassingbé Eyadema au Togo et Omar Bongo au Gabon, tous deux au pouvoir depuis 30 ans et encore peu convaincus des vertus de la démocratie.
Jean-Christophe Rufin, directeur de recherches à l’Institut des relations internationales (IRIS), estime qu’il existe un «risque de contagion» zaïrois dans le «pré-carré» africain de la France, avec le Congo et le Centrafrique en première ligne.

Réconciliation
nationale

De source autorisée, on indique que le président Robert Mugade du Zimbabwe, dont le pays doit accueillir début juin le sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), s’est récemment inquiété auprès du président Jacques Chirac d’une possible déstabilisation de certains pays africains, du fait de la prise du pouvoir par les armes à Kinshasa.
Les craintes de Paris rejoignent celles de l’Afrique du Sud, qui a tenté jusqu’au dernier moment de favoriser une solution négociée et qui a réussi à réunir une fois les deux chefs ennemis.
Paris a demandé au nouveau régime de favoriser une réconciliation nationale et d’associer à la gestion du pays toutes les forces politiques et la société civile, avant d’organiser, dans les plus brefs délais, des élections.
La France, qui doute que M. Kabila puisse rallier l’opposition civile au président Mobutu représentée notamment par M. Etienne Thisekedi, semble ainsi vouloir prendre date.
Dans les milieux français autorisés, on considère que le chef rebelle est imprévisible, et qu’il a par exemple «infligé deux camouflets au président Mandela» en le faisant attendre au premier rendez-vous de Pointe-Noire et en ne se présentant pas au second.
Des spécialistes des affaires africaines attribuent les volte-face de M. Kabila au fait que l’alliance qu’il dirige est loin d’être homogène et qu’il se heurte souvent au noyau dur de celle-ci, à savoir les Tutsis zaïrois connus sous le nom de Banyamulenge.
Le régime à dominante tutsi du Rwanda, l’un des principaux soutiens de la rébellion zaïroise, a, depuis le début de la rébellion, dénié tout rôle à la France dans le règlement de la crise. Kigali accuse Paris d’avoir, par son intervention militaro-humanitaire «Turquoise» en 1994, protégé les «génocidaires hutus».
PARIS, 19 Mai (AFP). — La France, qui a longtemps soutenu le président Mobutu Sese Seko, redoute les effets déstabilisateurs en Afrique de la prise du pouvoir par la force du chef de la rébellion zaïroise Laurent Désiré Kabila. Le gouvernement français a annoncé — plus de 48 heures après le départ du maréchal Mobutu — que ses relations avec le nouveau régime zaïrois seront définies en fonction des actes de ce dernier, manifestant ainsi son embarras après avoir réclamé en vain une solution politique négociée et une transition pacifique.Gêné par les critiques, tant de la gauche que de certaines personnalités de droite, contre la «faillite» de sa politique africaine, à une semaine des élections législatives, Paris se défend de s’être accroché au président Mobutu.Dans les milieux autorisés, on insiste...