Plusieurs quotidiens européens présents sur Internet, comme «La Tribune de Genève» ou le «Daily Telegraph» britannique ont annoncé leur intention de publier sur leurs sites les résultats d’ultimes sondages sur les élections françaises juste avant les deux tours de scrutin prévus les 25 mai et 1er juin.
Quelque 200.000 internautes français pourront ainsi connaître les derniers états d’âme des électeurs avant d’aller aux urnes, Internet ne connaissant pas de frontières.
Selon trois sondages publiés samedi quelques heures avant que ne tombe le couperet fatidique, la droite et la gauche sont au coude à coude en termes de pourcentage d’intentions de vote, mais la droite devrait retrouver à l’issue du 2e tour une nette majorité à l’Assemblée nationale.
Les trois donnent autour de 40% des intentions de vote aussi bien à la droite traditionnelle, au pouvoir, qu’à l’ensemble des formations de gauche (opposition), avec 13 à 14% pour le Front national (extrême-droite) de Jean-Marie Le Pen.
Lors de l’élection présidentielle de 1995, qui avait vu la victoire de Jacques Chirac, «la Tribune de Genève» avait déjà fait «un pied de nez» à la loi française en publiant un sondage à la veille du second tour de scrutin. Mais ce journal ne possédait pas alors de site Internet.
Cette facétie avait permis au quotidien de doubler ses ventes dans les régions voisines de France, mais les standardistes téléphoniques du journal avaient moins apprécié: elles avaient été inondées de milliers d’appels, venus de France, mais aussi de toute l’Europe, des Etats-Unis et du Japon.
«Nous ne faisons pas cela pour des raisons publicitaires ou commerciales, mais simplement par souci professionnel», déclare un responsable du journal suisse, en affirmant que cet aspect de la législation électorale française est devenu «totalement désuet».

