l’an dernier, les exportations agroalimentaires vers la Chine ont été de 372 millions de francs (contre 1,6 milliard FF en 1995), principalement du fait de l’effondrement des ventes de céréales. Les importations de produits chinois ont progressé, à 1,4 md FF. La France a accusé vis-à-vis de la Chine un déficit de plus d’un milliard de francs dans ce secteur en 1996.
Les groupes agroalimentaires français espèrent que la visite du président Jacques Chirac en Chine va donner un coup de fouet salutaire à leurs exportations et facilitera leur installation dans ce pays.
Au supermarché Carrefour de Shanghai, la baguette parisienne, préparée sous la supervision d’un chef boulanger français, connaît un franc succès. Mais c’est l’un des rares produits à traduire l’appartenance française de l’enseigne. Les produits français représentent une «toute petite partie de nos références» et ce sont surtout des vins, reconnaît la responsable du magasin.
Le premier groupe agroalimentaire français, Danone, est le plus engagé avec neuf sociétés mixtes. Il a démarré en 1988 en créant une joint-venture de yaourts à Canton. Depuis 1992, il possède une autre usine de produits laitiers à Shanghai.
Problèmes de
contrefaçons
Il y a un hic: les Chinois n’ont pas l’habitude de consommer lait et yaourts et leurs système digestif ne les supporte pas toujours bien, explique le groupe. Il y a donc un travail d’éducation à faire par le biais des crèches ou des écoles, ajoute Danone.
L’activité biscuits s’avère nettement plus rentable pour le groupe qui revendique la place de numéro un du biscuit en Chine. Mais il doit faire face à de sérieux problèmes de contrefaçons.
Présent dans la bière locale, Danone s’est également lancé dans des produits typiquement asiatiques (sauces au soja). Au total, le groupe déclare gagner de l’argent en Chine et pense que sa rentabilité devrait s’améliorer au fil des ans.
Les spiritueux et depuis peu le vin font partie des produits agroalimentaires français qui s’exportent le mieux en Chine. Mais les imitations grossières abondent, notamment pour le cognac et le Bordeaux.
Le voyage de M. Chirac en Chine devrait être l’occasion pour les deux pays d’affirmer leur volonté commune de lutter contre la contrefaçon et de protéger les appellations d’origine, indique-t-on au ministère français de l’Agriculture.
La France cherche également à développer ses ventes d’animaux à la Chine. Cela suppose des accords vétérinaires entre les deux pays. «Pour les porcs reproducteurs, la volaille, la semence bovine et les chevaux, les protocoles vétérinaires sont au point et devraient être signés lors de la visite de M. Chirac, indique-t-on au ministère de l’Agriculture.
Pour réussir à s’implanter sur le marché chinois, patience et ténacité sont indispensables, souligne Oliver Rassat, consultant en Chine. «Il faut apprivoiser l’environnement, comprendre où sont les centres de décision», ajoute-t-il.

