Pour Paris, au terme d’une saison en dents de scie, d’un nouvel échec sur le front du championnat, une victoire constituerait un véritable et définitif passage au sein du club fermé des grands d’Europe.
Personne, en effet, n’a jamais conservé cette Coupe des coupes, une épreuve que les Catalans ont déjà par trois fois inscrit à leur palmarès.
Pour cette raison, pour ses 14 finales européennes, ses sept titres, ses 287 matches de coupe d’Europe, le Barça est bien évidemment favori de cette finale aux couleurs brésiliennes.
Mais son atout majeur dans cette confrontation peut être plus indécise qu’il n’y paraît, c’est bien sûr le phénoménal Ronaldo. Le jeune Brésilien de 20 ans veut à tout prix inscrire un premier titre de gloire à son palmarès jusque là presque vierge — une coupe des Pays-Bas avec le PSV...
Mais il est clair qu’il sera particulièrement surveillé mercredi soir, au point que d’aucuns prêtent à Ricardo l’intention de mettre au point un dispositif spécial pour le contrer.
D’homme à homme, ce sera d’abord le rôle de Bruno N’Gotty que de faire parler son physique et sa vitesse pour harceler le nouveau prodige du football mondial. Avec son mètre 83, ses 80 kilos, sa rapidité (moins de 11 secondes au 100m), l’ancien Lyonnais a les moyens de contenir le phénomène et de démontrer sa propre valeur.
Un plan
anti-Ronaldo?
Mais la stratégie de Ricardo, qui connaît bien Ronaldo pour l’avoir pratiqué en stage de préparation au Mondial 1994, pourrait être à double détente. Il faudra ainsi sans doute au milieu de terrain parisien — Benoît Cauet, Vincent Guérin, mais aussi Laurent Fournier voire Rai — empêcher Sergi, Guardiola ou Louis Figo, habituels pourvoyeurs de balle du Brésilien, de la lui passer dans de bonnes conditions.
A moins que Bobby Robson ne choisisse de cantonner Ronaldo à un rôle de diversion. Mais l’entraîneur anglais a d’autres soucis immédiats.
A l’absence du rude défenseur Miguel Angel Nadal, suspendu, il doit trouver une réponse qui pourrait être de rappeler Laurent Blanc, tout juste remis d’une blessure.
Pour le reste, Robson semble devoir laisser sur le banc Giovanni, l’un des cinq Brésiliens concernés par cette finale avec Ronaldo, Ricardo, Rai et Leonardo.
Favoris de ce choc prometteur, d’autant que leur succès sur le Real Marid en championnat samedi (1-0) a apporté la preuve d’une cohésion nouvelle, les Catalans ont néanmoins eu des petits soucis avant cette finale puisque leur avion a été retardé pendant quatre heures par une alerte à la bombe.
Côté parisien en revanche, l’atout principal sera de présenter enfin un groupe au grand complet, détaché des contingences nationales, puisque le titre est joué et perdu, et d’ordinaire transcendé par les joutes européennes.
Parce que certains avaient fait la fine bouche l’an dernier lors de la victoire des Parisiens en raison de la faiblesse de leur adversaire — le Rapid de Vienne — une victoire mercredi aurait vraiment valeur de symbole.
Les équipes probables:
Barcelone: Vitor Baia, Sergi Barjuan, Laurent Blanc, Abelardo Fernandez, Albert Ferrer, Josep Guardiola, Luis Enrique, Ivan de la Pena, Hristo Stoichkov, Luis Figo, Ronaldo.
Paris St Germain: Bernard Lama, Laurent Fournier, Bruno N’Gotty, Paul Le Guen, Jimmy Algerino, Jérôme Leroy, Benoît Cauet, Vincent Guérin, Leonardo, Rai, Patrice Loko.81


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