Le gaulliste Gabriel Kaspereit, 77 ans, député depuis 36 ans et maire du IXe arrondissement, n’entend pas décrocher face à Pierre Lellouche, 46 ans, un proche de Jacques Chirac, député sortant du Val d’Oise, conseiller municipal de Cannes et candidat investi par le RPR et l’UDF.
Jacques Bravo, le candidat socialiste qui depuis 1978 mène inlassablement campagne dans cette circonscription à cheval sur les VIIIe et IXe arrondissements, compte bien tirer son épingle du jeu et mise sur une «triangulaire» au second tour.
«Ça se passe pas mal», affirme Gabriel Kaspereit, que ses collaborateurs appellent «M. le ministre» en souvenir de fonctions passées sous Georges Pompidou et qui avait été élu dès le premier tour avec 56% des suffrages en mars 1993.
Lorsqu’il reçoit la presse, le maire du IXe rappelle d’abord son passé gaulliste et son «attachement au président de la République». Le ton monte lorsqu’il évoque Pierre Lellouche, «ce zozo», dit-il, «qui abandonne une circonscription aux socialistes», la 8e du Val d’Oise, par peur d’une défaite face à Dominique Strauss-Kahn.
Et Gabriel Kaspereit de rappeler que son rival a également tenté en juin 1995 de devenir maire de Cannes, dans les Alpes-Maritimes, mais a été sévèrement battu par Michel Mouillot, aujourd’hui en prison. «C’est un vrai parachuté», dit-il.
«A ce monsieur qui vient de l’extérieur», Gabriel Kaspereit oppose son implantation dans un secteur de Paris dont il arpente tous les marchés et les rues commerçantes. «Je fais du 50-60 mètres à l’heure, je suis arrêté ici et là, je discute», dit-il.
Il tourne en dérision la règle interne au RPR qui interdit toute candidature au-delà de 75 ans et le contraint de se présenter sous l’étiquette Union pour la majorité.
«Pourquoi serais-je le seul à qui on impose cette règle»? demande-t-il en citant une demi-douzaine d’«anciens» auxquels le RPR n’a pas opposé de candidat officiel.
Jean-François Mancel, secrétaire général du RPR, ne lui en a pas moins signifié par lettre, vendredi, qu’il «s’était de fait exclu du mouvement» et qu’il lui était «interdit de faire usage de son appartenance» au RPR.
Pierre Lellouche, qui reconnaît qu’il doit «ramer» pour convaincre les électeurs de ne pas voter pour «le vieux cacique», a fait de l’investiture officielle son arme majeure.
L’ancien conseiller diplomatique de Jacques Chirac n’hésite pas non plus à mettre en avant ses entrées à l’Elysée et s’emporte lorsqu’on évoque son rival de la majorité.
«C’est une vraie teigne», affirme-t-il. «C’est un vieux monsieur que je vais essayer de remplacer», lance-t-il à un commerçant. «Je suis le candidat de la majorité et j’ai le vieux dans les pattes», dit-il à un autre auquel il explique avoir passé son enfance à deux pas de là, rue des Martyrs, et n’être «nullement un parachuté».
Cette guerre de mots peu amènes se double d’une guerre des soutiens. Gabriel Kaspereit annonce-t-il la visite mardi du RPR Charles Pasqua à sa permanence, Pierre Lellouche annonce celles, le même jour, des UDF Alain Madelin, champion de l’ultralibéralisme, et Charles Millon, ministre de la Défense.


La France soutient un cessez-le-feu, se « tient à disposition », déclare Macron