GMG Brands, la nouvelle société, contrôlera par exemple les marques de whiskies Johnnie Walker, actuellement propriété de Guinness, et J and B, qui appartient à GrandMet, ainsi que la vodka Smirnoff.
GrandMet apportera à la corbeille de mariage les restaurants Burger King et les glaces Haagen-Das, tandis que Guinness y déposera la prestigieuse bière brune et crémeuse qui porte son nom, et ses liens capitalistiques avec le géant français LVMH.
GMG Brands deviendra le septième groupe agroalimentaire mondial et la huitième société britannique en terme de capitalisation. Sa valeur boursière était estimée à 20,6 milliards de livres (33 milliards de dollars) au cours de vendredi soir.
Les actionnaires de Guinness vont conserver leurs actions dans la société rebaptisée GMG, tandis que ceux de GrandMet recevront une action du nouveau groupe pour chacune de leurs actions. Au total, les actionnaires de GrandMet détiendront 52,7% de la nouvelle société, contre 47,3% à ceux de Guinness.
Cette répartition des pouvoirs reflète à la fois la différence de capitalisation boursière et de chiffre d’affaires des deux groupes. GrandMet a, selon les cours de bourse de vendredi soir, une valeur de 10,84 milliards de livres (17,34 milliards de dollars), contre 9,75 milliards (15,6 milliards de dollars) pour Guinness.
Les chiffres d’affaires annuels des deux compagnies représentent respectivement 8 milliards et 4,7 milliards de livres sterling.
Cette opération regroupe «deux grandes entreprises britanniques et crée une société de niveau mondial, dans les produits alimentaires et les boissons», avec «une gamme immense de produits complémentaires», a déclaré le président de GrandMet George Bull. «Nous nous complétons géographiquement et nos équipes de direction partagent une philosophie commune», a-t-il ajouté.
Le nouveau groupe comprendra quatre divisions principales: UDV, qui combinera les activités dans les vins et spiritueux des deux partenaires, Pillsbury, qui est la filiale américaine de GrandMet spécialisée dans les produits alimentaires, la chaîne de restauration rapide Burger King, et Guinness Brewing Worldwide, c’est-à-dire les bières.
La fusion va permettre des économies de coûts considérables, que les deux groupes évaluent à 175 millions de livres sterling par an, à partir de la troisième année. Une économie équivalant aux deux tiers de cette somme sera réalisée dès la deuxième année.
Selon Tony Greener, président de Guiness, GMG Brands sera amené à supprimer environ 2.000 emplois sur environ 85.000 au total dans le monde. Tony Greener et George Bull deviendront coprésidents de la nouvelle entité, tandis que John McGrath (GrandMet) sera directeur général.
A l’occasion de la fusion, la nouvelle société reversera un total de 2,4 milliards de livres sterling à tous ses actionnaires, soit 60 pence par titre.
Cette méga-fusion n’a pas fait l’unanimité parmi les actionnaires des deux compagnies. Bernard Arnault, président de LVMH, dont le groupe possède 14,2% des actions de Guinness, a voté contre le projet lors d’une réunion du conseil d’administration du 9 mai.
M. Arnault a proposé une solution alternative, la fusion des activités de boissons de GrandMet, Guinness et Moet Hennessy (groupe LVMH) pour en faire une société cotée séparément.
Le projet de fusion devra recevoir les autorisations des autorités de concurrence en Europe et aux Etats-Unis avant de devenir effectif. «Nous sommes tout à fait confiants» de pouvoir obtenir ces accords, a déclaré George Bull, affirmant que la part combinée du marché mondial des alcools et spiritueux de GMG n’excéderait par 5%.
Par ailleurs, le directeur général du nouveau groupe, John McGrath, a estimé que le projet de fusion de Grand Metropolitan Plc (GrandMet) et Guinness Plc entraînera la perte de 2.000 emplois dans le secteur des spiritueux.
«Environ 2.000 emplois sur les 20.000 du secteur des spiritueux seront supprimés», a-t-il déclaré après l’annonce, dans la matinée, de la fusion des deux géants britanniques de l’agroalimentaire et des spiritueux.
Ces compressions d’effectifs seront réparties au sein des opérations internationales de la nouvelle société qui, une fois constituée, deviendra le septième groupe agroalimentaire au monde avec un effectif de 85.000 personnes.

