Kasparov, qui a renouvelé son titre en 1995 en battant l’Indien Viswanathan Anand à New York, est considéré comme l’incontestable numéro un mondial, notamment après ses victoires sans appel lors des récents tournois internationaux de Las Palmas, en 1996, et Linares, début 1997.
Plus jeune champion du monde de l’histoire des échecs à 22 ans, en 1985, Kasparov a été le tenant du titre de la Fédération internationale des échecs (FIDE) jusqu’en 1993.
Puis, il s’est rebellé contre l’autorité de la FIDE et son président philippin Florencio Campomanés, pour créer une Association professionnelle des échecs (PCA) dont il est devenu le champion du monde en battant le Britannique Nigel Short, à Londres, à l’automne 1993.
Sa constitution athlétique, son comportement autoritaire, ses formidables résultats et son envie irrésistible de toujours gagner lui ont valu les surnoms d’«ogre de Bakou» et de monstre aux cent yeux qui voient tout».
Sa réputation dépasse les limites des 64 cases et il s’est notamment engagé en politique en Russie où, après avoir soutenu Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine, il est désormais proche du général Alexandre Lebed, et dans les affaires avec une firme de conseil qui porte son nom à Moscou.
Il a été le premier champion d’échecs à exploiter publicitairement son nom et son image, que ce soit pour des échiquiers électroniques ou même des publicités télévisées de sodas.
Suspension arbitraire
Garry Kimovitch Weinstein, né le 13 avril 1963, à Bakou, capitale de la république d’Azerbaïdjan (ex-URSS) est issu d’une famille d’ingénieurs mi-juive, mi-arménienne. Il fait ses premiers pas sur l’échiquier en 1969. A cause de la mort prématurée de son père l’année suivante, «Garik» a été ensuite élevé par la famille de sa mère Clara Kasparova. En 1975, Garry Weinstein adopte le patronyme de sa famille maternelle et devient Garry Kasparov.
Champion d’URSS junior, à l’âge de treize ans, sa progression sera ensuite fulgurante et, en 1980, il devient champion du monde junior à Dortmund (RFA).
En remportant la finale des candidats, il obtient le droit de se mesurer au champion du monde de l’époque, son compatriote Anatoly Karpov à partir de septembre 1984. Après un marathon de cinq mois, la rencontre est suspendue sine die, alors que Kasparov venait de revenir au score à 3-5, par le président de la FIDE, M. Campomanés.
Cette suspension arbitraire est à l’origine des relations houleuses entre Kasparov et la FIDE. La deuxième confrontation entre ceux qui étaient désormais devenus des frères ennemis, les deux «K», eut lieu à Moscou la même année. Kasparov l’emportait de haute lutte face à Karpov, devenant en 1985 le treizième et le plus jeune champion du monde de l’histoire des échecs.
Le numéro 13 devenait alors pour Kasparov (né un 13 avril) un numéro de chance et de prédilection. Il remporte ensuite sa troisième confrontation contre Karpov en 1986 à Londres puis à Léningrad (URSS), mais sur un score plus serré.
A Séville en 1987, il conserve son titre de justesse après un match nul, toujours face à Karpov qui lui permet toutefois d’obtenir trois ans de répit avant de remettre son titre en jeu.
Kasparov a quitté sa ville natale de Bakou en janvier 1990 après les pogroms anti-arméniens, et s’est installé à Moscou. A plusieurs reprises, il a versé d’importantes sommes d’argent en faveur de ses compatriotes et il s’est également engagé dans l’aide humanitaire en Croatie, à travers un «Fonds Gary Kasparov» d’aide aux orphelins croates de Vukovar.
Divorcé et remarié, il est père d’une fillette de quatre ans et, en deuxièmes noces, d’un garçon né fin octobre.

