Sur les 39 employés qui restaient dans l’ambassade, quatorze ont quitté le Zaïre dans la nuit de dimanche à lundi, soit par bateau vers le Congo voisin soit par avion vers d’autres pays d’Afrique, a précisé le porte-parole du département d’Etat Nicholas Burns.
Les employés de l’ambassade américaine dont la présence n’était pas indispensable, ainsi que les familles des diplomates, étaient partis pour le Congo il y a une semaine.
M. Burns a souligné que «les combats se rapprochent de la capitale» et qu’il «n’était pas certain» que le transfert du pouvoir se fasse sans violence comme le souhaite Washington.
Ce transfert «aura lieu d’une manière ou d’une autre», volontairement ou par l’entrée en force des rebelles dans Kinshasa, a-t-il estimé, ajoutant que «la fin de la partie est pour bientôt».
M. Burns a précisé que les Etats-Unis souhaitaient garder ouverte leur ambassade pour suivre la transition.
Il a de nouveau appelé les quelque 300 citoyens américains vivant au Zaïre à quitter le pays car, a-t-il dit, «la situation est trop instable».
La présidence américaine réagissait aux propos du «ministre» des Affaires étrangères des rebelles zaïrois, Bizima Karaha, qui a appelé dimanche les étrangers à quitter Kinshasa, affirmant que les forces gouvernementales zaïroises comptaient les tuer pour provoquer une intervention internationale.
L’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU et émissaire américain pour le Zaïre, Bill Richardson, avait indiqué un peu auparavant, lors d’une interview à la chaîne CNN, qu’il n’était pas nécessaire «pour le moment» d’évacuer les étrangers de Kinshasa.
Se référant implicitement aux déclarations de M. Karaha, M. Burns a précisé que Washington «ne croyait pas» à cette rumeur mais devait prendre toutes les précautions possibles.
La réputation des forces gouvernementales zaïroises en matière de discipline et de respect des droits de l’homme «n’est pas fameuse», a-t-il expliqué.
De leur côté, les rebelles zaïrois ont annoncé qu’ils reprenaient leur progression sur Kinshasa, menaçant de se retirer du processus de paix si Mgr Laurent Monsengwo acceptait la présidence du Parlement.
Les prochains pourparlers interzaïrois sont prévus demain à bord du navire sud-africain Outeniqua, où Mobutu et Laurent-Désiré Kabila s’étaient rencontrés pour la première fois le 4 mai, sous les auspices du président Nelson Mandela.


La France soutient un cessez-le-feu, se « tient à disposition », déclare Macron