«Quatre camions transportant plus de 61 tonnes de médicaments sont arrivés vendredi à Bagdad», a précisé la presse, citant une source du ministère irakien de la Santé.
Cette livraison de «médicaments divers» est la première depuis l’entrée en vigueur de l’accord avec l’ONU, le 10 décembre. Selon des sources de l’ONU à Bagdad, le comité de sanctions de l’ONU avait adopté «84 contrats de médicaments jusqu’à début mai».
L’accord permet à Bagdad de vendre du pétrole brut pour deux milliards de dollars par semestre afin d’acheter pour 1,3 milliard de produits de première nécessité, dont 210 millions de médicaments et de matériels sanitaires.
Bagdad s’était plaint à plusieurs reprises de la lenteur de l’application de l’accord, accusant les Etats-Unis de bloquer l’adoption de contrats par le comité des sanctions de l’ONU. L’Irak avait commencé en décembre à exporter des quantités limitées de son pétrole, mais il n’a reçu qu’à partir du 20 mars les premières quantités de vivres.
Le sous-secrétaire des Nations Unies aux Affaires humanitaires, M. Yasushi Akashi, qui a achevé jeudi une mission de six jours en Irak, avait assuré que l’application de l’accord «pétrole contre nourriture» serait activée.
«Nous allons assister dans les prochains jours à l’accélération de l’arrivée des vivres et nous nous attendons à ce que les médicaments parviennent aux Irakiens dans une semaine ou deux», avait déclaré M. Akashi à la presse.
Le ministre irakien de la Santé Oumid Medhat Moubarak avait déclaré vendredi à Genève que son pays n’avait «toujours pas reçu le moindre médicament», cinq mois après la mise en œuvre de la résolution 986 dite «pétrole contre nourriture».
Le ministre a présenté à la presse un tableau critique de la situation sanitaire de son pays, l’attribuant à sept années d’embargo et à l’absence d’importations de médicaments, pourtant autorisées depuis décembre sous strict contrôle de l’ONU.
Selon M. Moubarak, sur 500 contrats soumis à l’approbation du comité 661 chargé des importations irakiennes dans le cadre de la résolution, «seuls 86 relatifs à la santé ont été avalisés à ce jour, et leur valeur totale n’est que de 27 millions de dollars».
L’Organisation mondiale de la santé (OMS), agence spécialisée de l’ONU, est chargée de veiller en Irak à la distribution équitable de fournitures sanitaires autorisées à l’importation pour les six premiers mois de l’arrangement «pétrole contre nourriture».
Elle est également chargée de distribuer, pour le compte des systèmes de santé des gouvernorats du Nord, pour 28,8 millions de médicaments et de fournitures médicales.
Le directeur général de l’OMS, le Dr Hiroshi Nakajima, s’était déclaré «gravement préoccupé» lors de sa visite, en février en Irak, par le fait que «le système de soins cède sous la pression de la pénurie de médicaments et qu’il est aux limites de la paralysie».

