Adapté du roman éponyme de Gregory Mcdonald, «The Brave» met en scène des laissés pour compte de la société, essentiellement indiens, qui vivent dans une décharge, dont ils seront expulsés à la fin du film.
Pour parvenir à faire vivre les siens (au sens large, famille et communauté) Raphaël (Johnny Depp) accepte un pacte avec un personnage diabolique (Marlon Brando, le mentor supposé de Depp) qui, moyennant finance, réclame sa mort, dans la souffrance.
Toute l’action du film, à l’exception de l’entrepôt où doit se produire le sacrifice, se situe dans la décharge, écrasée par une lumière jaune.
Le genre fantastique y est exploité à plusieurs niveaux, dans le thème principal mais aussi dans certaines scènes comme la création par Raphaël d’un mini luna-park dans la décharge grâce à son argent chèrement payé ou encore la fiesta qui précède sa montée au calvaire.
Jonny Depp a adopté un rythme extraordinairement lent pour un cinéaste américain, ce qui semble avoir décontenancé la salle qui lui a réservé un accueil pour le moins mitigé. Iggy Pop a signé la musique, aux multiples registres, de ce qui reste pour le moment l’histoire la plus bizarre du festival.
Attraction
-répulsion
Passer derrière la caméra fut d’autant plus difficile pour Depp qu’il estime que les fonctions d’acteur et de réalisateur sont antinomiques.
«En tant que metteur en scène, il faut maîtriser totalement le plateau et tout ce qui l’entoure», explique-t-il. «Comme acteur, il vous faut être, dans une certaine mesure, libre de tous les problèmes de production».
On doit à un cinéaste burkinabé Idrissa Ouedraogo le seul film africain en compétition:«Kini et Adams». Ouedraogo avait reçu le grand prix du jury en 1990 avec «Tilai». Contrairement à son habitude, Ouedraogo a tourné ce film en anglais et non en français, pour pouvoir toucher un plus large public en Afrique.
Dans la section «Un certain regard», Liv Ullman présente «Entretiens privé», un sujet écrit par Ingmar Bergman, dont elle fut l’une des hégéries. Dans la même section, est diffusé «East Palace West Palace», du cinéaste chinois Zhang Yuan.
Tout comme son compatriote Zhang Yimou, ce dernier n’a pu venir à Cannes pour présenter son film. Mais au moins, le film est là, à la différence de «Keep Cool».
Les autorités chinoises n’ont pas donné d’explications. Le titre du film fait référence à un lieu de rassemblement des homosexuels sur la place Tiananmen.
La trame en est constituée par l’interrogatoire d’un homosexuel par un policier au cours duquel se développeront entre les deux hommes des relations classiques d’attraction-répulsion.

