Universitaires, écrivains et parlementaires proches du régime évoquent ouvertement le retour au multipartisme lors de réunions publiques ou dans la presse.
Le débat a été motivé par la signature, le 21 avril, d’un accord de paix avec des factions sudistes dissidentes du principal mouvement rebelle, l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA de John Garang) autorisant le sud du pays à se doter d’un système multipartite.
Les personnalités favorables au multipartisme insistent pour que le nord puisse jouir du même droit. «Il est inacceptable, politiquement et juridiquement de donner aux sudistes le droit d’établir un système multipartite et de le dénier au nord», a affirmé l’universitaire islamiste al-Tayed Zein el-Abidine, cité cette semaine par la presse.
Un autre universitaire, M. Mohamed Nouri Amine, a réclamé lors d’un débat au Parlement l’organisation d’un plébiscite pour que le peuple puisse se prononcer sur le rétablissement du multipartisme au Soudan.
Il a estimé que la démocratie devait s’exercer à travers un système multipartite plutôt que par le biais du Congrès national populaire, (parlement), largement dominé par les islamistes.
Parti islamo-africain
Un dirigeant du Front national islamique (de Hassan Tourabi, éminence grise du régime soudanais), M. Ahmed Abdel Rahmane, a soutenu pour sa part que le multipartisme s’inscrivait dans la ligne politique préconisée par l’islam.
«Le multipartisme est le système politique le plus proche de l’orientation islamique. Il est difficile de continuer durant une longue période à imposer la tutelle d’un groupe de citoyens à tout le peuple», a-t-il dit, cité également par la presse.
«Le multipartisme est indispensable pour les pays du tiers monde et particulièrement pour le Soudan», a-t-il ajouté, suggérant l’adoption progressive de ce système en autorisant «différents courants» politiques au sein du Congrès national populaire.
Un influent député, M. Issam Ahmed Béchir, a également affirmé à la presse que le multipartisme était un système «conforme à la diversité ethnique, culturelle et religieuse approuvée par l’islam».

