Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La coalition belge minée par les rapports sur la pédophilie

BRUXELLES, 8 Mai (Reuter). – Flamands contre francophones et catholiques contre laïcs – les rapports des commissions d’enquête parlementaires sur les sectes et les enfants victimes de pédophiles sapent la coalition au pouvoir en Belgique.
Le Parlement belge, qui a entamé cette semaine l’examen des suites à donner à ces rapports, est en effet profondément divisé et le premier ministre Jean-Luc Dehaene a fort à faire pour resserrer les rangs de sa majorité de centre-gauche, déjà affaiblie par l’accumulation des scandales de corruption politico-financière.
«La cohésion de la coalition est en jeu», estime le quotidien «Le Soir».
Le dossier le plus brûlant, dans ce pays où l’on a retrouvé depuis le mois d’août cinq cadavres d’adolescentes victimes de pédophiles, concerne la mise en œuvre des sanctions préconisées par le rapport parlementaire sur ce dossier.
La Chambre des représentants s’est penchée sur le sort à réserver à l’ancien ministre de la Justice Melchior Wathelet, accusé par la commission d’enquête d’avoir accordé beaucoup trop facilement une libération conditionnelle à Marc Dutroux, soupçonné de l’assassinat de quatre jeunes filles.
Ce pédophile convaincu, condamné en 1989 à 13 ans de prison pour des faits d’une exceptionnelle gravité, avait été libéré en 1992 après avoir purgé moins de la moitié de sa peine, détention préventive comprise, en dépit de rapports alarmants.
Melchior Wathelet, qui est actuellement juge à la Cour de justice de l’Union européenne, affirme avoir agi en appliquant les règles en vigueur pour la libération conditionnelle.
Les partis de la majorité sont divisés à son sujet.
Schématiquement, les Flamands estiment que le gouvernement doit refuser la reconduction du mandat de ce social-chrétien francophone à la Cour de Luxembourg, alors que les francophones estiment que sa responsabilité n’est pas engagée.
Le Parti social-chrétien (PSC) a menacé de mettre l’actuel ministre de la Justice, Stefaan Declerk, sur la sellette si son poulain devait être déboulonné, soulignant qu’il appliquait les mêmes règles que son prédécesseur.

Manœuvre flamande?

Les Wallons y voient une nouvelle manœuvre flamande pour écarter un francophone d’un poste international prestigieux.
«Le déferlement en matière de sanctions vient du côté flamand, touchant essentiellement des francophones», estime Didier Reynders, chef de groupe de l’opposition libérale à la Chambre dans une interview publiée par «La Libre Belgique».
Le cas de Melchior Wathelet n’est en effet pas isolé.
Benoît Dejemeppe, le procureur du Roi de Bruxelles, vivement critiqué dans le rapport pour n’avoir pas mis à l’instruction la disparition de la petite Loubna Benaïssa, dont le corps a été découvert en février dernier dans la cave d’un pédophile bruxellois, est également un social-chrétien francophone.
Les Wallons soupçonnent Stefaan Declerk d’avoir exigé sa démission – qu’il a refusé d’accepter, soutenu en cela par les magistrats du Parquet – afin de le remplacer par un Flamand.
Jean-Luc Dehaene a compris le danger pour son gouvernement et se démêne pour arrondir les angles: il a ainsi estimé qu’il serait «disproportionné» de sanctionner Melchior Wathelet.
A ces querelles communautaires qui finissent toujours par émerger en Belgique, quel que soit le dossier évoqué, s’ajoute un embarrassant conflit entre partis catholiques et laïcs.
Une commission parlementaire d’enquête sur les sectes a lancé un pavé dans la mare en publiant un rapport explosif qui doit être débattu par la Chambre des représentants.
Dans la liste de 189 sectes citées comme telles parce qu’elles ont été fichées par les services de police ou mentionnées par des témoins lors des auditions, on trouve l’Opus Dei mentionné aux côtés de l’Ordre du Temple solaire et Moon voisinant avec le Renouveau charismatique, dont font partie plusieurs membres de la famille royale de Belgique.
Les partis laïcs – socialistes, libéraux et écologistes – exigent que le rapport soit voté sans changement, y compris une liste qui, soulignent-ils, n’est en fait qu’un tableau.
Les partis d’inspiration chrétienne de la majorité, dont celui du premier ministre, exigent en revanche le retrait de cette liste, qui procède selon eux de l’amalgame.
BRUXELLES, 8 Mai (Reuter). – Flamands contre francophones et catholiques contre laïcs – les rapports des commissions d’enquête parlementaires sur les sectes et les enfants victimes de pédophiles sapent la coalition au pouvoir en Belgique.Le Parlement belge, qui a entamé cette semaine l’examen des suites à donner à ces rapports, est en effet profondément divisé et le premier ministre Jean-Luc Dehaene a fort à faire pour resserrer les rangs de sa majorité de centre-gauche, déjà affaiblie par l’accumulation des scandales de corruption politico-financière.«La cohésion de la coalition est en jeu», estime le quotidien «Le Soir».Le dossier le plus brûlant, dans ce pays où l’on a retrouvé depuis le mois d’août cinq cadavres d’adolescentes victimes de pédophiles, concerne la mise en œuvre des sanctions...