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Actualités - Chronologie

Projet géant de route pour mobiliser sudistes et nordistes

HANOI, 8 Mai (AFP). — Le projet géant de construction d’une route reliant le nord au sud du Vietnam semble pour l’instant avoir peu de justification économique mais apparaît aux yeux de beaucoup d’observateurs comme un moyen pour le régime communiste de remobiliser la population dans une grande œuvre.
Annoncé à grand renfort de publicité, le projet «axe crucial» émane directement du bureau politique du Parti communiste (PCV), au sein duquel le premier ministre Vo Van Kiêt a jeté tout son poids dans la balance.
«Tous les leaders visionnaires aiment les grands projets et le premier ministre est un visionnaire», explique un diplomate occidental. «Mais sur le court terme au moins, leur argent pourrait être mieux utilisé».
Le coût de la «route Truong Son», du nom de la chaîne montagneuse qui constitue l’épine dorsale du Vietnam, s’élèverait à 5,5 milliards de dollars, pour des travaux jusqu’en 2010, voire 2020. Empruntant une partie du tracé de la légendaire pisto Ho Chi Minh cette deuxième route nationale doublerait, à l’ouest, la «route mandarine» exposée aux typhons et aux inondations.
Les députés vietnamiens eux-mêmes ont émis des doutes sur sa viabilité économique et la capacité du gouvernement à mobiliser les capitaux. S’interrogeant sur le caractère «prioritaire» du projet, ils ont même suggéré que l’étude de faisabilité leur soit soumise avant doute décision.
«S’il faut effectivement dans ce pays un nouvel axe nord-sud, près de 2.000 kilomètres c’est beaucoup, et l’analyse en matière de stratégie des transports n’a pas été faite», estime le représentant à Hanoï d’une institution financière.
Le premier ministre a déclaré lui-même que la question épineuse était celle «des capitaux à trouver». Jusqu’ici la presse a simplement évoqué un «apport financier de toutes les couches populaires et de tous les secteurs économiques», ainsi que des prêts multilatéraux.
Mais la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement, où le Japon — premier bailleur de fonds de Hanoï — sont peu susceptibles de s’engager sans étude approfondie. Les travaux doivent pourtant démarrer dès l’an prochain.
Dans ces circonstances, si tout le monde s’accorde sur la nécessité pour le Vietnam de moderniser ses infrastructures, la route nord-sud apparaît à beaucoup comme un projet très politique.
HANOI, 8 Mai (AFP). — Le projet géant de construction d’une route reliant le nord au sud du Vietnam semble pour l’instant avoir peu de justification économique mais apparaît aux yeux de beaucoup d’observateurs comme un moyen pour le régime communiste de remobiliser la population dans une grande œuvre.Annoncé à grand renfort de publicité, le projet «axe crucial» émane directement du bureau politique du Parti communiste (PCV), au sein duquel le premier ministre Vo Van Kiêt a jeté tout son poids dans la balance.«Tous les leaders visionnaires aiment les grands projets et le premier ministre est un visionnaire», explique un diplomate occidental. «Mais sur le court terme au moins, leur argent pourrait être mieux utilisé».Le coût de la «route Truong Son», du nom de la chaîne montagneuse qui constitue l’épine...