Les achats physiques de métal jaune qui tendaient à se tarir à la fin de 1996 ont repris «avec force» dans les premiers mois de cette année, particulièrement dans les pays asiatiques, note l’expert Stewart Murray, l’un des auteurs de ce rapport annuel sur le marché de l’or.
Le faible coût à l’achat du métal a entraîné un flot d’achats en Asie, où se situent deux très gros importateurs, l’Inde et la Chine. Dans les pays asiatiques, on achète traditionnellement beaucoup de métal jaune où il sert de parure autant que de placement.
Cette vigueur retrouvée des marchés asiatiques a empêché le cours de chuter vraiment, le maintenant à plus de 340 dollars l’once, explique GFMS. La relative fermeté des prix a redonné confiance aux investisseurs occidentaux, qui se sont remis à acheter de l’or, souligne le GFMS.
Les importations asiatiques couplées aux achats spéculatifs ont entraîné «des pénuries de métal impressionnantes sur le marché physique», explique au passage le GFMS.
Le groupe de recherche londonien souligne, parallèlement, que si on prend en compte la forte hausse du dollar ces six derniers mois, le cours actuel de l’or n’est pas si faible qu’il paraît.
Maintenant que le prix semble s’être trouvé un niveau plancher, vers les 340 dollars l’once, il pourrait se remettre à grimper vers les 400 dollars/once, comme il l’avait fait au tout début de l’année 1996, suggère l’étude.
Mais la tendance à venir reste incertaine. Elle dépend du comportement des autres marchés et du volume des ventes à terme effectuées par les groupes miniers pour assurer des débouchés à leur production.
L’orientation à plus long terme dépendra beaucoup du sentiment des investisseurs au sujet de la monnaie unique, explique le groupe de recherche.
Pour l’instant, l’Union monétaire européenne est perçue comme négative par ce marché, qui craint une multiplication de ventes officielles par les banques centrales européennes dans la préparation à l’euro.
Mais, il n’est pas certain que l’avènement d’une monnaie unique soit défavorable au métal. La création par la future banque centrale européenne d’une grande réserve d’or serait en effet un «facteur de stabilité précieux» pour le marché, souligne le GFMS.
Revenant sur l’année écoulée, l’institut estime que la «principale cause» de la déprime des cours a été la vente d’une partie des réserves détenues par les banques centrales de Belgique et des Pays-Bas.
Ces deux opérations portant sur un total de 500 tonnes, ajoutées à la crainte de ventes similaires par le Fonds monétaire international (FMI) et la Suisse, ont découragé de nombreux investisseurs.
La désaffection des financiers a été peut-être exagérée, si on tient compte du fait qu’au cours de cette même année, certaines banques centrales ont acheté du métal en grandes quantités.
Parallèlement, le GFMS souligne que les mines et entreprises de recyclage ont continué de produire en quantités insuffisantes pour satisfaire la demande pour fabriquer bijoux et lingots. Ce déséquilibre va se poursuivre en 1997.
Les mines ont produit l’an passé, 2.346 tonnes d’or, une hausse de 3,4% sur 1995, malgré le déclin marqué par les deux premiers pays producteurs, l’Afrique du Sud et la Russie. L’Afrique du Sud a produit pour la première fois depuis 1956 moins de 500 tonnes d’or.
Parallèlement, la demande pour la fabrication de bijoux a grimpé en 1996 à un niveau record avec un total de 2.807 tonnes, une hausse de 1,4% sur 1995.

