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Actualités - Chronologie

Flambée de violence inter-religieuse dans le Penjab

LAHORE (Pakistan), 7 Mai (AFP). — Les assassinats à caractère religieux se sont multipliés ces dernières semaines dans la province pakistanaise du Penjab, sans que les autorités aient pu enrayer cette spirale de la violence entre extrémistes sunnites et chiites.
Mardi, Ashraf Marth, responsable régional de la police du Penjab, beau-frère du ministre de l’Intérieur pakistanais Shujjat Hussein, a été abattu par des inconnus. Sa mort à Gujranwala (40 km au nord de Lahore) a été attribuée à la «guerre» sectaire que se livrent deux groupes extrémistes, le Sepah-i-Sahaba (l’armée des compagnons du Prophète, SSP) sunnite et le Sepah-i-Mohammed (l’armée de Mohammed, SMP) chiite.
Lundi, deux dirigeants de Terick-i-Jafria, un parti chiite, de Lahore et de Faisalabad (au sud-ouest de la capitale penjabi), ont été inscrits sur la liste des tués qui, chaque jour, s’allonge un peu plus.
Azim Tariq, le chef du SSP, a été arrêté mardi soir à Lahore par la cellule antiterroriste de la police. Des sources policières ont affirmé que cette arrestation était liée à l’assassinat d’Ashraf Marth.
Cette nouvelle flambée de violence qui se propage à travers le Penjab, la province la plus peuplée du pays, à l’approche du mois du Moharram célébré par la minorité chiite du Pakistan, inquiète sérieusement les responsables politiques du pays.
Ainsi, le gouvernement de M. Nawaz Sharif, chef de la Ligue musulmane pakistanaise, a annoncé ces derniers jours son intention de prendre des mesures coercitives contre ces groupes extrémistes.
Le Parti du peuple pakistanais (PPP) de l’ancien premier ministre Benazir Bhutto a assuré le gouvernement de son soutien contre ces groupes qui ont bénéficié jusqu’à présent d’une très large impunité.
Selon des membres d’organisations de défense des droits de l’homme, ces groupes religieux jouissent de protections au niveau très haut de la classe politique et de l’administration du pays. «Ceux qui voudraient agir ont peur d’être éliminés par ces groupes qui ne reculent devant rien», a affirmé un responsable d’une organisation des droits civiques.

Une vendetta

«Dans l’armée aussi, les poches extrémistes existent», assure l’une de ces personnes. L’armée est considérée comme le seul pôle de stabilité dans ce pays à la vie politique chaotique depuis sa création en 1947.
Selon un spécialiste pakistanais de l’extrémisme religieux, qui préfère ne pas être nommé, la «guerre» entre le SSP et le SMP n’est plus désormais qu’une «vendetta» alimentée par l’engrenage des attentats et des représailles.
Au départ, soulignent les experts, dans les années 70, les troubles inter-religieux se sont développés dans des zones à fort contrastes économiques et sociaux: la majorité sunnite pauvre, se révoltant dans le centre du Penjab, notamment dans la région de Jhang, contre les grands propriétaires terriens souvent d’obédience chiite.
Mais très vite, cette «lutte de classe» s’est transformée en conflit religieux, les extrémistes sunnites réclamant que les chiites soient déclarés «non-musulmans». Une secte, celle des Hamadis, a été décrétée non-musulmane par le premier ministre Zulficar Ali Bhutto, dans les années 70. Elle est, depuis, reléguée dans les bas-fonds de la société pakistanaise et ses membres sont souvent persécutés, dans une indifférence quasi-générale.
Le SSP et le SMP disposent de quelques dizaines d’activistes prêts à tout qui sont soutenus par quelques centaines, voire quelques milliers, de militants qui fournissent la logistique, selon les experts pakistanais.
Mais les sympathisants sont légions, comme en témoigne l’élection d’Azim Tariq à l’Assemblée provinciale du Penjab, dans la circonscription de Jhang, où il a recueilli plus de 28.000 voix en février dernier.
«Seule une action judiciaire courageuse, rapide et déterminée» contre les membres de ces groupes pourrait enrayer cet «engrenage mortel pour la démocratie», a estimé un légiste qui doute cependant d’un tel sursaut de la magistrature.
La police quant à elle, a estimé un journaliste pakistanais, va pousser à l’utilisation de la force, en particulier après l’assassinat de l’un des leurs. Une source policière a annoncé que les forces de l’ordre du Penjab «préparaient une opération massive» contre les extrémistes.
LAHORE (Pakistan), 7 Mai (AFP). — Les assassinats à caractère religieux se sont multipliés ces dernières semaines dans la province pakistanaise du Penjab, sans que les autorités aient pu enrayer cette spirale de la violence entre extrémistes sunnites et chiites.Mardi, Ashraf Marth, responsable régional de la police du Penjab, beau-frère du ministre de l’Intérieur pakistanais Shujjat Hussein, a été abattu par des inconnus. Sa mort à Gujranwala (40 km au nord de Lahore) a été attribuée à la «guerre» sectaire que se livrent deux groupes extrémistes, le Sepah-i-Sahaba (l’armée des compagnons du Prophète, SSP) sunnite et le Sepah-i-Mohammed (l’armée de Mohammed, SMP) chiite.Lundi, deux dirigeants de Terick-i-Jafria, un parti chiite, de Lahore et de Faisalabad (au sud-ouest de la capitale penjabi), ont été...