«La Syrie prépare vraiment une option militaire et l’armée israélienne doit en tenir compte», a estimé le chef des études stratégiques du service de renseignements militaires, le général Amos Gilad, au cours d’une réunion d’officiers supérieurs de réserve organisée vendredi à Tel-Aviv.
«Nous ne sommes pas à la veille de Kippour, mais les Syriens préparent une option militaire qui peut se concrétiser», a ajouté le général Gilad en faisant référence à l’attaque-surprise lancée en octobre 1973 par l’armée syrienne sur le plateau du Golan le jour de la célébration du Yom Kippour, le jour du Grand pardon dans la religion juive.
Le chef d’état-major, le général Amnon Shahak, a pour sa part souligné qu’avec «le budget actuel de la Défense, l’armée ne dispose pas des moyens pour se préparer comme il le faut à une guerre».
«L’Etat d’Israël réagirait autrement si nous savions qu’une guerre éclaterait dans un an», a ajouté le général Shahak.
Le secrétaire du gouvernement, M. Danny Naveh, a souligné dimanche qu’Israël ne «disposait pas actuellement de renseignements sur des mesures concrètes et immédiates que la Syrie aurait pu prendre pour engager une guerre. Nous savons que depuis des années la Syrie prépare une option militaire».
Le député Ehud Barak, candidat favori à la succession de M. Shimon Pérès à la tête du Parti travailliste (opposition), a quant à lui soutenu les exigences budgétaires du général Shahak. «Nous n’avons pas suffisamment de stocks d’armements, de munitions», a dit M. Barak, ancien chef d’état-major.
«A partir du moment où le processus de paix est stoppé, le compte à rebours pour une confrontation est déclenché», a ajouté M. Barak.
La polémique
Le chef de la diplomatie israélienne David Lévy a mis en garde vendredi la Syrie contre une attaque à l’arme chimique contre Israël, dans une polémique avec Damas sur les armes de destruction massive, qui se poursuit depuis plusieurs jours.
«La Syrie paierait très cher une attaque à l’arme chimique contre Israël et cela n’apporterait que la destruction», avait affirmé M. Lévy sans préciser quelle arme son pays utiliserait dans ce cas pour répliquer.
Auparavant, le ministre israélien de la Défense Yitzhak Mordehaï avait accusé la Syrie de produire de nouvelles armes chimiques.
M. Mordehaï réagissait à un article du quotidien israélien Haaretz, selon lequel la Syrie produit du gaz «VX», très dangereux pour les poumons et la peau, et en équipe des missiles sol-sol.
Le président syrien Hafez el-Assad avait répliqué jeudi qu’Israël devait se débarrasser de ses armes nucléaires.


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