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Actualités - Chronologie

Paddy Ashdown, la pugnacité du troisième homme

YEOVIL (Angleterre), 29 Avril (Reuter). — Dans la grande bataille pour les législatives au Royaume-Uni, il est un perpétuel oublié. Mais avec patience et obstination, Paddy Ashdown veut être reconnu comme le «troisième homme» de la campagne, entre John Major et Tony Blair.
A 56 ans, Paddy Ashdown est le plus vieux des trois principaux candidats au scrutin du 1er mai. C’est aussi celui qui a les chances les plus minces de l’emporter. Sa formation, le Parti libéral-démocrate, n’a pratiquement aucun espoir, du fait du scrutin majoritaire en vigueur en Grande-Bretagne.
En campagne depuis un mois, il est le seul à y croire et il continue, convaincu que la moindre défaillance pourrait être utilisée contre lui.
Les intentions de vote en sa faveur plafonnent à 15%, et Ashdown ne peut espérer jouer au mieux qu’un rôle d’arbitre politique au cas où ni le Labour ni les tories n’obtiendraient la majorité absolue aux Communes.
Mais depuis huit ans qu’il dirige les «Lib-Dems», Ashdown n’en démord pas. Un jour ou l’autre, il en est sûr, la Grande-Bretagne jettera aux orties son mode de scrutin majoritaire et, alors, son parti pourra se faire entendre.
A un journaliste qui lui faisait remarquer qu’il ne serait jamais premier ministre, il rétorque un jour: «Mais enfin, qu’est-ce que vous croyez que je suis en train de faire? Jouer au ping-pong?».

Ferveur européenne

Le Parti libéral-démocrate doit une fière chandelle à Paddy Ashdown. Lorsqu’il en a pris la tête, en 1988, il était moribond. Sortant d’une alliance brève mais nuisible avec le Parti social-démocrate, encore plus insignifiant que lui, le parti était autant miné par les dissensions internes que par les déficits.
Aujourd’hui, les Lib-Dems ont davantage de sièges dans les Conseils municipaux que les conservateurs. Mais s’ils ont obtenu 18% des suffrages aux législatives de 1992, ils n’ont eu que 20 sièges, en vertu du scrutin majoritaire.
Ancien diplomate converti à la politique, Ashdown réussit la performance de remporter le siège de député de Yeovil, en 1983, en plein thatchérisme triomphant.
La pugnacité de Paddy Ashdown est sans égal. Quand John Major et Tony Blair discutaient de l’organisation d’un éventuel débat télévisé, Ashdown a menacé de les attaquer en justice s’il n’était pas invité.
Il n’a pas peur non plus de cultiver sa différence. Affichant ouvertement sa ferveur européenne, dans un pays où cela ne saurait être une stratégie électorale payante, le Parti libéral-démocrate est également le seul à préconiser une hausse des impôts pour financer une amélioration du système public d’éducation.
Les Lib-Dems ont en outre promis de taxer chaque paquet de cigarettes de cinq pence supplémentaires pour allouer l’excédent dégagé au secteur de la santé.
Cordialement détesté par ses adversaires politiques, en particulier John Major qui l’a traité d’«hypocrite prétentieux», Paddy Ashdown est en revanche apprécié par l’opinion.
Sa cote de confiance personnelle est ainsi largement supérieure à celle du parti qu’il dirige. Mieux encore: selon un sondage, un tiers des Britanniques citent Paddy Ashdown comme meilleur prétendant au poste de premier ministre.
YEOVIL (Angleterre), 29 Avril (Reuter). — Dans la grande bataille pour les législatives au Royaume-Uni, il est un perpétuel oublié. Mais avec patience et obstination, Paddy Ashdown veut être reconnu comme le «troisième homme» de la campagne, entre John Major et Tony Blair.A 56 ans, Paddy Ashdown est le plus vieux des trois principaux candidats au scrutin du 1er mai. C’est aussi celui qui a les chances les plus minces de l’emporter. Sa formation, le Parti libéral-démocrate, n’a pratiquement aucun espoir, du fait du scrutin majoritaire en vigueur en Grande-Bretagne.En campagne depuis un mois, il est le seul à y croire et il continue, convaincu que la moindre défaillance pourrait être utilisée contre lui.Les intentions de vote en sa faveur plafonnent à 15%, et Ashdown ne peut espérer jouer au mieux qu’un rôle...