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Actualités - Chronologie

Plus de 400.000 algériens ont émigré pour fuir la vague islamiste

ALGER, 29 Avril (AFP). — Quelque 410.000 Algériens ont quitté leur pays, sans y revenir, en six ans, de 1990 à 1995, un exode qui correspond, dans le temps, à la montée en puissance du mouvement islamiste, selon une étude de l’Office national des statistiques (ONS) citée dimanche par un quotidien.
Cet exode a notamment saigné le pays d’une partie de ses cadres de haut niveau et intellectuels, dont beaucoup sont réfugiés en France.
Les chiffres de l’ONS, cités par le quotidien privé al-Khabar, ne prennent pas en compte l’émigration clandestine.
Pour avoir une idée de ce phénomème, indique le journal, il suffit juste de se rendre dans certains tribunaux, notamment dans les villes frontalières, pour voir combien de personnes sont jugées pour «tentative de sortie illégale du territoire».
Les départs se sont apparemment accélérés au moment où le pays s’est engagé dans la violence et a reflué, semble-t-il, avec le durcissement des conditions d’obtention des visas de sortie, selon les chiffres cités.
En 1990, date correspondant à la conquête des municipalités par le Front islamique du salut (FIS — dissous), 12.000 Algériens ont quitté leur pays. Ils ont été 95.000 l’année suivante, lorsque ce parti s’apprêtait à faire une entrée en force dans le Parlement et à gouverner le pays.
En 1992, début des affrontements à grande échelle entre les forces de sécurité et les groupes armés islamistes, 106.769 personnes ont quitté le pays, et 112.759 en 1993 lorsque ont commencé les assassinats massifs de femmes, des intellectuels, des journalistes et des universitaires.
L’exode reflue en 1994 avec 48.285 sorties et se poursuit en 1995 avec 29.496 sorties. Ce reflux correspond, selon al-Khabar, au durcissement des conditions d’obtention des visas.
Avec ce mouvement, l’Algérie a connu une importante perte de cadres de haut niveau, médecins, professeurs d’université, architectes, ingénieurs, journalistes, qui ont fui le climat de terreur.
Selon un exemple cité par al-Khabar, plus de 1.000 enseignants ont ainsi quitté l’université d’Oran (ouest), la seconde ville du pays.
Outre les départs à l’étranger, un nombre indéterminé d’Algériens ont quitté leurs régions d’origine, selon de multiples témoignages. Chaque famille algérienne connaît le cas d’un parent, d’un cousin, d’une connaissance qui a été contraint de fuir.
Les dernières tueries collectives, notamment dans la Mitidja (sud d’Alger), ont littéralement «vidé» les visages attaqués.
Depuis cinq ans, de nombreux habitants ont quitté les régions «chaudes» pour se réfugier dans les grandes villes, notamment Alger, où ils vivent souvent dans des habitats précaires de la périphérie, ou hébergés par les familles dans des appartements déjà surpeuplés.
Mais aucun chiffre global n’a jamais été diffusé en Algérie pour permettre de mesurer l’ampleur de ce phénomène.
ALGER, 29 Avril (AFP). — Quelque 410.000 Algériens ont quitté leur pays, sans y revenir, en six ans, de 1990 à 1995, un exode qui correspond, dans le temps, à la montée en puissance du mouvement islamiste, selon une étude de l’Office national des statistiques (ONS) citée dimanche par un quotidien.Cet exode a notamment saigné le pays d’une partie de ses cadres de haut niveau et intellectuels, dont beaucoup sont réfugiés en France.Les chiffres de l’ONS, cités par le quotidien privé al-Khabar, ne prennent pas en compte l’émigration clandestine.Pour avoir une idée de ce phénomème, indique le journal, il suffit juste de se rendre dans certains tribunaux, notamment dans les villes frontalières, pour voir combien de personnes sont jugées pour «tentative de sortie illégale du territoire».Les départs se sont...