La Ligue arabe a décidé depuis un mois de geler la normalisation avec Israël après la relance de la colonisation juive dans les territoires palestiniens, et des hommes d’affaires égyptiens ont réclamé l’arrêt du commerce, voire une rupture des relations.
M. Moubarak a cependant estimé que cela nuirait aux intérêts de l’Egypte. «Si nous interrompons nos relations, cela signifiera que nous ne pourrons pas contacter l’autre partie et aider à résoudre les problèmes existants», a-t-il dit.
Le quotidien économique égyptien al-Alam al-Yom a interrogé des hommes d’affaires dont la majorité a écarté une rupture.
«Nous ne devons pas rompre nos relations avec Israël car ce ne sera pas dans notre intérêt, mais nous pouvons les geler pour une période limitée», a déclaré Safouane Sabet, PDG de Juhaina (produits laitiers). «Le développement économique ne permet pas une telle action. Tout peut être négocié», a-t-il ajouté.
Pour l’ancien ministre de l’Economie Hamed al-Sayeh, rompre équivaut à «rayer d’un trait de plume le traité de paix et entrer en guerre» alors que «nous devons nous accrocher à la paix jusqu’au bout. C’est l’unique solution pour le développement économique de la région».
L’Egypte a été le premier pays arabe à signer un traité de paix avec Israël en 1979, suivie par la Jordanie en 1994.
L’Association des hommes d’affaires égyptiens, qui compte 450 membres, a «décidé de geler toute coopération économique avec Israël jusqu’à ce que ce pays fasse preuve de crédibilité» dans le processus de paix, selon le secrétaire de cet organisme, Taher Chérif.
L’intransigeance d’Israël a créé «une barrière psychologique» qui a contribué à arrêter plusieurs compagnies conjointes, note-t-il.
Al-Alam al-Yom avertit que «le divorce est impossible ou au moins très coûteux car les relations entre les hommes d’affaires égyptiens et israéliens ne sont pas simples».
L’Egypte et Israël ont établi un réseau de liens dans les secteurs de l’agriculture, du prêt-à-porter, du tourisme, du commerce et de l’informatique, qui ne peuvent être rompus ou même mis en veilleuse.
«Trente pour cent de l’industrie du prêt-à-porter en Egypte possède des liens avec Israël», selon le quotidien. Les vêtements fabriqués en Egypte sont envoyés en Israël ou dans les territoires occupés pour être réexportés vers l’Europe.
«Il a été très difficile d’ouvrir certains de ces marchés, il serait aussi difficile de les fermer temporairement et les rouvrir», juge le quotidien.
Selon le ministère du Tourisme, les Israéliens arrivent au quatrième rang des visiteurs de l’Egypte avec 321.000 en 1996 et quelque 26.000 au premier trimestre 1997. Et le commerce entre les deux pays progresse.
Au premier semestre 1996 il a représenté, selon le ministère du Commerce, 204 millions de dollars contre 197 M USD l’année précédente, hors pétrole qui représente 80 à 85% du total des exportations vers l’Etat hébreu.


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