«Il semble que M. Chirac veuille détruire le Front national auquel il a consacré une partie de son discours (annonçant la dissolution de l’Assemblée) particulièrement mensongère et diffamatoire», a-t-il dit lors d’une conférence de presse.
«C’est donc pour nous une véritable bataille de rupture (. . .) puisqu’ un certain nombre de gens prétend aboutir à notre dissolution ou à notre exclusion politique», a expliqué le dirigeant d’extrême- droite.
La polémique a été relancée dans la journée par un communiqué du Grand Orient de France demandant aux pouvoirs publics de «prononcer la dissolution du Front national» en vertu d’un décret-loi de 1936 sur les ligues.
L’obédience explique que «le racisme n’est pas une opinion» et que le FN «n’est pas un parti politique républicain».
Jean-Marie Le Pen a voulu voir dans cette démarche l’«écho qui est donné aux propos du président de la République».
Le FN a répliqué à cette «déclaration de guerre» en demandant la dissolution du Grand Orient, une «secte fonctionnant selon les méthodes d’une société secrète», «dangereuse et néfaste pour l’Etat comme pour la nation».
«Sa prétention extravagante de faire interdire le Front national démontre un comportement totalitaire que ne masquent pas ces déclarations hypocrites de tolérance et de démocratie , affirme le FN dans un communiqué. En outre, nombre de ses membres ont été impliqués dans des affaires mafieuses et de corruption».
Suspense
Jean-Marie Le Pen a maintenu le suspense sur son éventuelle candidature. A une journaliste qui lui demandait s’il se prononcerait lors de son discours du 1er mai, à Paris, il a dit, tout sourire, que c’était «une possibilité, une éventualité, une opportunité, peut-être». La date limite de dépôt de candidature est fixée au 4 mai, à minuit.
Le jour de la fête du travail, Jean-Marie Le Pen réunira à son habitude ses troupes à Paris pour ce qui sera, selon lui, «le plus grand meeting de la campagne, tous partis confondus».
Le président du FN, qui avait réuni dans l’après-midi les secrétaires départementaux de son mouvement, a présenté les thèmes de sa campagne.
Sous le slogan «Sortez-les!», visant les députés sortants, le programme du FN tient en 20 points sous cinq titres principaux: «La justice sociale», «Les Français d’abord», «Rétablir l’ordre républicain», «Rendre l’argent aux Français» et «Préserver l’indépendance nationale».

