«Nous ne pouvons que répéter ce qu’a dit le ministre des Finances, Jean Arthuis, (lundi), à savoir que les privatisations déjà enclenchées n’étaient pas remises en cause par les élections», a précisé à Reuter une porte-parole du ministère de l’Economie.
Au ministère de l’Industrie, où on confirme également le calendrier, on souligne qu’une opération de gré à gré comme celle de Thomson-CSF n’est pas soumise aux mêmes contraintes qu’une opération publique de vente, qui fait appel aux marchés financiers. Le gouvernement a ainsi décidé de reporter l’OPV de France Télécom du fait des élections.
De source proche du gouvernement, on ne cache pas toutefois qu’avec le déroulement des élections les 25 mai et 1er juin, le calendrier de l’opération sur Thomson-CSF devient plus serré.
«Nous restons avec le même objectif. Ça reste techniquement faisable même si c’est plus tendu», déclare-t-on.
De sorte que, même si cette hypothèse n’est pas privilégiée, un «léger décalage» de l’annonce du repreneur au- delà du 30 juin ne serait pas vécu comme un drame, ajoute-t-on.
Le cahier des charges de la privatisation de Thomson-CSF ne fixe en effet aucune date limite au gouvernement pour exprimer son choix. Il précise en revanche que les candidats ont jusqu’au 7 mai pour déposer leurs offres fermes au Trésor et à la Commission de la privatisation.
Le ministère des Finances a annoncé le 4 avril que le gouvernement a retenu les candidatures du tandem Alcatel Alsthom/Dassault Industries ainsi que de Lagardère. Celle du groupe britannique GEC avait été repoussée, les pouvoirs publics invoquant des impératifs de sécurité nationale.
Le maintien du calendrier de privatisation de Thomson-CSF ne vaut qu’en cas de reconduction de l’actuelle majorité à l’Assemblée nationale.
Le Parti socialiste avait en effet fait savoir il y a quelques mois qu’il n’excluait pas, en cas de victoire, de renationaliser les entreprises publiques fraîchement privatisées, notamment France Télécom et Thomson.

