«Je ne sais pourquoi les pays arabes redoutent l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA) et mettent en cause ses intentions, puisque nous appelons toujours à un Soudan uni et pas à un Soudan divisé», a-t-il affirmé dans un entretien publié mercredi par le quotidien arabe «al-Hayat».
«C’est le Front islamiste, au pouvoir à Khartoum, qui se prononce pour la séparation du Sud. Sinon, comment expliquer son alliance avec des groupes sudistes dont le premier objectif est l’indépendance du sud du pays», s’est demandé le chef de la SPLA.
Il a cité en particulier le groupe de Rieck Machar, chef du Mouvement pour l’indépendance du sud du Soudan (SSIM), l’un des signataires lundi d’un accord de paix avec le gouvernement prévoyant un référendum sur l’autodétermination du Sud après une période intérimaire de quatre ans.
«Le régime affirme qu’il lutte contre John Garang car il menace l’unité du Soudan et en même temps entre en alliance avec Rieck Machar qui affirme qu’il lutte pour l’indépendance du Sud», a dit M. Garang.
«Le gouvernement trompe donc les gens avec cet accord exactement comme il a prétendu l’existence d’un plan de développement dans le Sud alors qu’il enlève les toits des écoles pour s’en servir dans la construction de lignes défensives et de caches», a-t-il accusé.
La SPLA, qui lutte depuis 1983 contre la domination du Nord arabo-musulman sur le Sud animiste et chrétien, s’est alliée avec l’opposition nordiste dans l’Alliance nationale démocratique (AND), dont le programme prévoit également un référendum d’autodétermination du Sud une fois renversé le régime islamiste de Khartoum, au pouvoir depuis 1989.
Interrogé sur ses projets pour prendre Juba, principale ville sudiste, M. Garang a affirmé: «Je ne peux parler de date mais la guerre dans le Sud est en passe d’être terminée».

