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Actualités - Chronologie

Tamas Erdi : une lumineuse intériorité (photo)

Tamas Erdi est un jeune pianiste sauvé par la musique. Son histoire est des plus émouvantes.
Aveugle depuis son plus jeune âge, Tamas Erdi a découvert le langage des notes avant de prononcer ses premiers mots. Dès cinq ans, le piano devient son inséparable compagnon. Les partitions de Mozart étaient déjà pour lui un véritable enchantement. A 18 ans ce virtuose est un musicien accompli, d’une parfaite maturité musicale.
Son premier concert il a donné à huit ans. Depuis, il est toujours accueilli avec enthousiasme et émotion par le public. Il a sillonné l’Europe et les Etats-Unis. Pour son étape beyrouthine, le programme comprend Beethoven, Schubert, Liszt, Chopin et Bartok.
C’est par le quatrième mouvement, torrentiel, impétueux, de la sonate (en F majeur op 2) de Beethoven, que s’ouvre ce concert placé sous le signe d’œuvres dédiées à l’exaltation de sentiments teintés de spiritualité. Beethoven, dont la narration marque une franche émancipation des règles de la musique classique, adopte ici un ton d’une forme rigoureuse mais d’une dynamique violente.
A cette tornade, succèdent les accents plus doux de Schubert dont on célèbre cette année le bicentenaire. Il y a notamment un «Impromptu» d’une singulière richesse polyphonique où tout se transforme au fur et à mesure comme un paysage lumineux se retrouvant sous l’emprise soudaine d’un menaçant amoncellement de nuages noirs...
Puis arrivent en grappes nacrées les accents «séraphins» d’un Liszt avec deux œuvres d’une extraordinaire douceur où les arpèges perlés ont la transparence de cascades cristallines. Notamment cette «Consolation» qui est un murmure-confidence à peine proféré où se dévoilent les aspirations éthérées d’un Liszt souverainement diaphane, dont l’esprit est ici profondément marqué par une sereine spiritualité. Etourdissante virtuosité sur fond d’un ciel dégagé voilà une «vision» touchant presque à la félicité...
Après l’entracte place au prince des poètes du clavier. Chopin avec un superbe «Nocturne», offre un moment d’une intense rêverie pour une nuit incantatoire aux étoiles clignotantes. Bâtie sur une seule phrase, agrémentée parfois d’idées accessoires, cette pièce demeure toutefois d’une absolue liberté de forme et d’allure. Longue mélodie pleine d’une secrète tendresse et se répandant en douces ondulations sonores qui annoncent bien cette «fantaisie-impromptue» au style libre et brillant.
Nul doute que parmi les musiciens contemporains qui ont renouvelé le langage musical, Bela Bartok demeure une des figures de proue les plus intéressantes. Sans oublier l’aspect «nationaliste» d’une œuvre axée sur l’esprit hongrois qu’il fait revivre dans sa nombreuse production. Toutefois Tamas Erdi a choisi d’interpréter en final «La danse bulgare». Véritable joyau d’écriture, d’imagination et de poésie, cette œuvre particulièrement brillante et colorée révèle un Bartok libre de tout asservissement de système. S’il ne redoute pas la tonalité dans sa forme la plus dépouillée, il ne rejette pas non plus les effets de dissonances successives qui prennent délibérément l’allure de cadences imparfaites...
Le public a succombé au charme de ce jeune pianiste au toucher si léger, à l’interprétation si mesurée et si sensible. Des salves d’applaudissements nourris ont répondu aux dernières notes s’évanouissant au cœur de la pénombre silencieuse entourant un artiste qui, dans sa cécité, salue son public sans le voir... Erdi c’est bien plus que du talent ou un don exceptionnel. C’est un art intense émanant avec grâce des ténèbres et qui a pour source une lumineuse intériorité...

Edgar DAVIDIAN
Tamas Erdi est un jeune pianiste sauvé par la musique. Son histoire est des plus émouvantes.Aveugle depuis son plus jeune âge, Tamas Erdi a découvert le langage des notes avant de prononcer ses premiers mots. Dès cinq ans, le piano devient son inséparable compagnon. Les partitions de Mozart étaient déjà pour lui un véritable enchantement. A 18 ans ce virtuose est un musicien accompli, d’une parfaite maturité musicale.Son premier concert il a donné à huit ans. Depuis, il est toujours accueilli avec enthousiasme et émotion par le public. Il a sillonné l’Europe et les Etats-Unis. Pour son étape beyrouthine, le programme comprend Beethoven, Schubert, Liszt, Chopin et Bartok.C’est par le quatrième mouvement, torrentiel, impétueux, de la sonate (en F majeur op 2) de Beethoven, que s’ouvre ce concert placé sous le...