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Actualités - Chronologie

Mobutu prêt à rencontrer à tout moment Kabila

KINSHASA, 25 Avril (AFP). — Le président zaïrois Mobutu sese Seko s’est déclaré vendredi prêt à rencontrer «au Gabon à tout moment» le chef de la rébellion, Laurent-Désiré Kabila, dont les forces sont accusées d’exactions envers les réfugiés.
Dans l’est du Zaïre, un nouveau camp de réfugies se serait vidé près de Kisangani, selon le HCR, portant vendredi à 85.000 le nombre de réfugiés rwandais disparus. Cela a amené les organisations humanitaires à dénoncer publiquement les agissements et la «cruauté» de la rébellion, qui a toujours démenti tout exaction contre les réfugiés.
Dans un communiqué, la présidence gabonaise a annoncé que Mobutu était prêt à rencontrer «au Gabon à tout moment» le chef rebelle. «Cette rencontre sera placée sous la présidence» du chef de l’Etat sud-africain, Nelson Mandela. Toutefois aucune date n’a été fixée.
La réponse du chef rebelle à l’invitation à se rendre à Libreville n’était pas connue vendredi en fin de journée. A Kinshasa, le porte-parole de Mobutu, Kabuya Lumuna, a déclaré ignorer «si Kabila a accepté de se rendre à Libreville».
Les deux parties sont d’accord sur le principe d’une rencontre, mais en désaccord total sur son objet. Pour M. Kabila, elle doit avoir pour résultat le départ du président Mobutu, hypothèse exclue par le chef de l’Etat.
Néanmoins, le porte-parole du maréchal estime qu’«il y a beaucoup de chances pour que le sommet ait lieu à Libreville qui fait comme Brazzaville, depuis un certain temps, l’objet des consultations».
Selon lui, Libreville est un lieu favorable parce que «situé non loin de Kinshasa». Le maréchal avait refusé de se rendre en Afrique du Sud pour y rencontrer M. Kabila, pour des raisons de santé.
Jeudi, le président Omar Bongo avait reçu le responsable des Affaires étrangères de l’Alliance rebelle, Bizima Kraha, qui lui avait remis un message de M. Kabila lui demandant d’user de ses bons offices pour trouver une solution à la crise.

Situation inacceptable

Interrogé sur le choix de Libreville comme lieu d’une rencontre, M. Bizima avait souligné que l’Alliance «était disposée à le rencontrer (M. Mobutu) à beaucoup d’endroits. Nous n’avons pas beaucoup d’exigences sur le lieu. Nos exigences portent surtout sur les termes de ce qui va se négocier là-bas».
Pendant ces nouvelles tractations diplomatiques, 85.000 réfugiés rwandais auraient disparu dans l’est du Zaïre.
Selon le haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR), le camp de Biaro (40 km au sud de Kisangani), qui abritait 30.000 réfugiés, il y a quelques jours encore, aurait été quitté par ses occupants. Jeudi, une mission humanitaire avait constaté qu’un autre camp, Kasese, était vidé des 55.000 personnes qui s’y étaient réfugiées.
Les rebelles de Laurent-Désiré Kabila avaient interdit depuis dimanche l’accès à ces camps aux organisations humanitaires, en avançant des raisons de sécurité.
«La situation actuelle est totalement inacceptable», a déclaré le HCR, s’étonnant de n’avoir rien trouvé sur le site de Kasese, comme cela est le cas en cas de départ précipité. Tout a disparu.
Il n’y avait pas non plus de trace des 167 réfugiés hospitalisés, de 200 malades du choléra placés en isolement, de 519 enfants non accompagnés et de 9.000 réfugiés extrêmement vulnérables et nécessitant des soins d’urgence.
Un membre d’une organisation humanitaire a affirmé avoir vu des réfugiés se diriger en ordre vers le sud et d’autres fuir dans la forêt.
Le Programme alimentaire mondial (PAM), par la voie de l’un de ses porte-parole, Christiane Berthiaume, lui a dénoncé la «cruauté» des rebelles: «c’est donc à une mort lente et cruelle qu’on assiste. Je pense que la «solution finale» (...) n’est sûrement pas exagérée comme expression».
L’UNICEF a également gravement mis en cause les nouveaux maîtres de l’est du Zaïre. Selon l’organisation, les réfugiés «n’ont d’autre choix qu’entre une mort certaine en raison de la pénurie, des maladies et de leur immense faiblesse, et une mort incertaine en continuant leur marche vers le Sud».
KINSHASA, 25 Avril (AFP). — Le président zaïrois Mobutu sese Seko s’est déclaré vendredi prêt à rencontrer «au Gabon à tout moment» le chef de la rébellion, Laurent-Désiré Kabila, dont les forces sont accusées d’exactions envers les réfugiés.Dans l’est du Zaïre, un nouveau camp de réfugies se serait vidé près de Kisangani, selon le HCR, portant vendredi à 85.000 le nombre de réfugiés rwandais disparus. Cela a amené les organisations humanitaires à dénoncer publiquement les agissements et la «cruauté» de la rébellion, qui a toujours démenti tout exaction contre les réfugiés.Dans un communiqué, la présidence gabonaise a annoncé que Mobutu était prêt à rencontrer «au Gabon à tout moment» le chef rebelle. «Cette rencontre sera placée sous la présidence» du chef de l’Etat sud-africain,...