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Actualités - Chronologie

La diplomatie du Labour dans la ligne des tories

LONDRES, 24 Avril (AFP). — Si le travailliste Tony Blair devient premier ministre, ses partenaires européens pourront miser sur un interlocuteur qui se veut «plus constructif», mais dont les réticences face à la monnaie unique ou les réformes des institutions sont aussi fortes que celles de John Major.
La diplomatie du Labour, pour le reste, frappe d’abord et surtout par sa continuité avec ce qu’ont réalisé dans ce domaine les conservateurs, à la différence près que pourrait être davantage prise en compte la dimension des droits de l’homme, héritage du passé socialiste des travaillistes.
La politique étrangère a fait maigre recette dans la campagne pour les élections du 1er mai, à l’énorme exception des omniprésents débats sur l’UE.
Pourtant, les rendez-vous sont nombreux. Outre sa participation aux deux sommets européens du printemps, la Grande-Bretagne assurera les présidences tournantes de l’UE et du G7 au premier semestre 1998, sans compter en octobre prochain le sommet du Commonwealth à Edimbourg et en avril 1998 la rencontre Europe-Asie à Londres.
Comme les tories du premier ministre John Major, le Labour n’adopterait l’euro qu’après une «évaluation des intérêts économiques britanniques», suivie d’un «triple verrou»: adhésion du gouvernement, vote au Parlement et référendum. Encore voit-il des «obstacles formidables» à une participation dès la première vague.
Favorable à l’ouverture de l’UE à l’Est, le Labour refuse un «super-Etat fédéral» et veut conserver le veto de Londres sur les grands dossiers: politique étrangère, budget, défense, immigration.
Poussé par une opinion au mieux réticente face à l’UE, M. Blair a de plus coloré ses discours électoraux d’euroscepticisme, et se dit prêt à «terrasser le dragon» d’un super-Etat européen.
Néanmoins, les travaillistes condamnent la politique d’obstruction des conservateurs qui, sur des dossiers comme celui de la «vache folle», n’ont mené Londres nulle part. Fort d’une majorité stable et plus docile, M. Blair disposerait aussi d’une marge de manœuvre plus confortable pour négocier à Bruxelles que M. Major, soumis au chantage des eurosceptiques de son parti.
Pour contrebalancer l’«hégémonie» franco-allemande, le responsable de la politique étrangère du Labour, Robin Cook, a suggéré la création d’une alliance lâche entre Londres et les membres les moins fédéralistes, notamment en Europe du Nord.
Fondant sa défense sur l’OTAN, prudent sur son élargissement, le Labour entend mener un audit des forces armées. Pour y opérer des coupes, disent ses adversaires. Favorable aux opérations de maintien de la paix, il insiste sur la nécessité pour Londres de ne pas outrepasser ses capacités militaires.
Du même bord politique, M. Blair devrait avoir des relations plus chaleureuses avec le président Bill Clinton que M. Major sans pour autant rétablir «la relation spéciale» d’une Margaret Thatcher et d’un Ronald Reagan.
Outre les droits de l’homme, le Labour entend marquer sa différence sur l’aide au développement, avec la remise à niveau du budget du ministère de la Coopération.
Héritant du dossier de Hong Kong deux mois avant le retour à la Chine négocié par les conservateurs, M. Cook n’entendrait pas modifier le processus, mais insiste sur le respect par Pékin des droits de l’homme. Pour Gibraltar, comme pour les Falklands (Malouines) ou les autres miettes de l’empire, la position est la même que celle des Tories: l’autodétermination.
M. Cook s’est dit favorable à l’imposition de sanctions pétrolières à l’encontre du régime militaire du Nigeria.
Il a reproché à M. Major de favoriser les monarchies du Golfe aux dépens des opposants réfugiés à Londres. Reste à savoir si un gouvernement Blair serait prêt à risquer les énormes contrats d’armements conclus au Moyen-Orient.
LONDRES, 24 Avril (AFP). — Si le travailliste Tony Blair devient premier ministre, ses partenaires européens pourront miser sur un interlocuteur qui se veut «plus constructif», mais dont les réticences face à la monnaie unique ou les réformes des institutions sont aussi fortes que celles de John Major.La diplomatie du Labour, pour le reste, frappe d’abord et surtout par sa continuité avec ce qu’ont réalisé dans ce domaine les conservateurs, à la différence près que pourrait être davantage prise en compte la dimension des droits de l’homme, héritage du passé socialiste des travaillistes.La politique étrangère a fait maigre recette dans la campagne pour les élections du 1er mai, à l’énorme exception des omniprésents débats sur l’UE.Pourtant, les rendez-vous sont nombreux. Outre sa participation aux deux...