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Actualités - Chronologie

Le nouveau labour : une idéologie centriste imposée d'une main de fer

LONDRES, 21 Avril (AFP). — Le Nouveau Labour est aujourd’hui un parti à l’idéologie centriste sur lequel son leader a su imposer une discipline de fer.
Depuis son arrivée à la tête du parti en 1994, Tony Blair n’a eu qu’un souci, balayer tous les obstacles qui ont empêché le Labour de retrouver le pouvoir perdu en 1979. A ses yeux, ces obstacles étaient de trois ordres: une idéologie obsolète, un parti indiscipliné et une trop grande influence des syndicats dans son fonctionnement.
Politiquement, M. Blair a fait de la reconquête du centre et des classes moyennes le premier de ses objectifs.
Un an à peine après son arrivée au pouvoir, il rangeait aux oubliettes l’engagement de son parti en faveur des nationalisations, inscrit dans ses statuts depuis 1918. Poursuivant l’œuvre de ses prédécesseurs Neil Kinnock et John Smith, il réduisait le poids des syndicats dans l’appareil du parti.
De discours en congrès, son message a fini par se situer quasiment au centre droit de l’échiquier politique. Son moralisme social, fortement teinté de christianisme, n’est d’ailleurs pas sans rappeler le discours des «Nouveaux démocrates» de Bill Clinton lors de sa campagne de 1992.
Le Nouveau Labour est contre «l’intervention excessive du gouvernement» et «il devra restaurer la foi dans la primauté de l’individu qui est cruciale», explique David Blunkett, qui serait ministre de l’Education d’un gouvernement Blair.

Valeurs morales

S’il met l’accent sur l’éducation et le système de santé, le Labour se dit aussi le parti des valeurs morales, de la loi et de l’ordre, et du monde des affaires. Son orthodoxie économique est sans faille, comme s’il tentait de battre les conservateurs à leur propre jeu. Tout juste se permet-il de promettre un salaire minimum et l’adhésion au chapitre social européen.
Plus personne ne s’étonne désormais quand, M. Blair, leader d’un parti créé par le mouvement syndical au début du sicèle, répète fièrement que, sous son gouvernement, le pays maintiendra les lois les plus restrictives d’Europe à l’égard des organisations ouvrières.
La modération de l’idéologie de M. Blair contraste singulièrement avec la manière dont il a réussi à verrouiller son parti.
«Tony Blair est obsédé par le contrôle du parti, il veut contrôler le moindre aspect de son fonctionnement», écrivait sous le couvert de l’anonymat un député Labour dans le «Sunday Express».
Dès son arrivée au pouvoir, M. Blair a marqué son emprise sur ses députés en noyautant avec des fidèles le Whip’s Office, le bureau chargé de la discipline parlementaire aux Communes.
Il a affirmé son autorité sur le cabinet fantôme en sanctionnant certains membres qui faisaient preuve de trop d’indépendance. Les commentateurs se moquent souvent de ce cabinet fantôme qui serait composé de clones de M. Blair, n’osant rien dire tant qu’ils n’ont pas eu l’aval de Peter Mandelson, son éminence grise, grand organisateur de la campagne du parti.
Dans la perspective des élections, l’aile gauche du parti, furieuse de la dérive idéologique et autocratique que, selon elle, le parti a connu sous M. Blair, se tait. Mais en cas de victoire, certains promettent de tout faire pour renverser la tendance.
LONDRES, 21 Avril (AFP). — Le Nouveau Labour est aujourd’hui un parti à l’idéologie centriste sur lequel son leader a su imposer une discipline de fer.Depuis son arrivée à la tête du parti en 1994, Tony Blair n’a eu qu’un souci, balayer tous les obstacles qui ont empêché le Labour de retrouver le pouvoir perdu en 1979. A ses yeux, ces obstacles étaient de trois ordres: une idéologie obsolète, un parti indiscipliné et une trop grande influence des syndicats dans son fonctionnement.Politiquement, M. Blair a fait de la reconquête du centre et des classes moyennes le premier de ses objectifs.Un an à peine après son arrivée au pouvoir, il rangeait aux oubliettes l’engagement de son parti en faveur des nationalisations, inscrit dans ses statuts depuis 1918. Poursuivant l’œuvre de ses prédécesseurs Neil Kinnock...