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Actualités - Chronologie

Les iraniens divisés sur la Fatwa contre Rushdie

TEHERAN, 20 Avril (AFP). — La classe politique iranienne s’oppose depuis plusieurs jours sur le «rôle de l’Etat» dans l’application de la fatwa (décret religieux) de l’imam Khomeyni, condamnant à mort l’écrivain britannique Salman Rushdie pour ses écrits jugés blasphématoires.
A l’approche de l’élection présidentielle du 23 mai, le sujet est au centre des discours des partisans des deux principales factions au pouvoir en Iran.
Pour la gauche radicale, qui a été au pouvoir entre 1980 et 1989, la fatwa «oblige le peuple et le gouvernement» à prendre des mesures pour faire appliquer le décret de mort prononcé le 14 février 1989 contre Rushdie pour son livre «Les Versets sataniques», jugé blasphématoire envers l’islam.
La droite islamique conservatrice, au contraire, estime que la fatwa a un «caractère essentiellement religieux» et s’adresse aux musulmans et «non au gouvernement civil» iranien.
Or plusieurs journaux radicaux ont publié la semaine dernière un document présenté comme le compte rendu officiel d’un entretien confidentiel à Londres, en février, entre un député conservateur iranien, M. Mohammad-Djavad Laridjani, et un responsable du Foreign Office identifié comme M. Nick Brown.
Selon la presse radicale, qui consacre des colonnes entières à cette affaire, M. Laridjani, vice-président de la commission parlementaire des Affaires étrangères, aurait affirmé à son interlocuteur britannique que la fatwa «ne chargeait pas le gouvernement» de l’appliquer.
Ce document a provoqué un tollé dans les milieux les plus radicaux qui ont demandé que le député soit déchargé de son mandat et jugé par un tribunal révolutionnaire.
Ces derniers mois, les principaux responsables de la droite islamique, majoritaire au Parlement, ont affirmé à plusieurs reprises que l’imam Khomeyni, fondateur de la République islamique décédé en juin 1989, avait «conseillé au gouvernement d’agir en fonction des intérêts» du pays.
Pour les partisans de la droite islamique, ce conseil «déchargeait le gouvernement» de la nécessité de prendre position sur la fatwa. C’est sur la base de cette interprétation que des responsables conservateurs du régime ont assuré plusieurs pays étrangers que l’Etat iranien «n’enverrait pas de commando pour tuer Salman Rushdie».
Mais dans une mise au point publiée dimanche par le journal intégriste «Jomhori-Eslami», l’ancien premier ministre iranien Mir Hossein Moussavi, lui-même conservateur, rejette cette interprétation et souligne que «l’imam a enjoint le gouvernement de prendre position».
«Le gouvernement a alors soutenu la fatwa et déclaré que le peuple et le gouvernement ne resteraient pas silencieux face au sale complot des Etats-Unis», indique M. Moussavi.
Considéré comme l’un des théoriciens du régime islamique, M. Laridjani soutient pour sa part que même si «personne ne peut porter atteinte», à la fatwa, «le gouvernement n’enverra pas de groupe de commando pour tuer quelqu’un dans un autre pays».
«Ceci constitue le fondement de la position du gouvernement iranien dans ses entretiens officiels avec l’Europe», a précisé M. Laridjani, dans une déclaration publiée par le journal gouvernemental Iran.
L’Union des association islamiques des étudiants des universités iraniennes (gauche radicale) est également montée au créneau en appelant le ministère des Affaires étrangères à «prendre position» au sujet de l’entretien «irresponsable» que M. Laridjani a eu avec le responsable britannique.
TEHERAN, 20 Avril (AFP). — La classe politique iranienne s’oppose depuis plusieurs jours sur le «rôle de l’Etat» dans l’application de la fatwa (décret religieux) de l’imam Khomeyni, condamnant à mort l’écrivain britannique Salman Rushdie pour ses écrits jugés blasphématoires.A l’approche de l’élection présidentielle du 23 mai, le sujet est au centre des discours des partisans des deux principales factions au pouvoir en Iran.Pour la gauche radicale, qui a été au pouvoir entre 1980 et 1989, la fatwa «oblige le peuple et le gouvernement» à prendre des mesures pour faire appliquer le décret de mort prononcé le 14 février 1989 contre Rushdie pour son livre «Les Versets sataniques», jugé blasphématoire envers l’islam.La droite islamique conservatrice, au contraire, estime que la fatwa a un «caractère...