Le terrain des Sœurs Franciscaines étant un domaine français, il s’agit, en somme, d’un contract de location (d’une durée de quinze ans, renouvelable) de trois bâtiments représentant près de 5000 mètres carrés. Le collège Louise Wegmann se prépare à restaurer ces bâtiments endommagés par la guerre, et par conséquent désertés, pour regrouper les classes allant de la quatrième jusqu’aux terminales des collèges de Joura et de Bchamoun.
Dans son mot de remerciement, Mlle Abou a évoqué la volonté de son établissement de regrouper ses élèves, «afin d’ouvrir le collège à un nombre plus important de jeunes. J’ai trouvé (...) une oreille attentive et un vif intérêt (...). Votre conviction quant à notre plan de développement et votre détermination à nous obtenir de la France les locaux des Franciscaines nous permettent enfin d’atteindre nos objectifs. En votre honneur, le comité exécutif a voulu rassembler tous ceux qui croient aux principes et à l’esprit de notre collège — collège multiconfessionnel qui se veut milieu de vie».
Dans sa réponse, Jean-Pierre Lafon a établi un bref bilan de ses réalisations. A son arrivée au Liban, devait-il dire en substance, et contrairement à la volonté de la France de mettre en vente ses domaines du Liban afin d’aider d’autres pays, il a voulu valoriser ces biens immobiliers dans l’intérêt des deux pays. Ainsi, il cédait le «Stade du Chayla» au Lycée de la mission laïque française et la «villa Saint-Elie» (rue de Verdun) au Lycée Abdel Kader. Lorsqu’une partie des locaux des Franciscaines s’est trouvée libérée, la réputation du collège Louis Wegmann étant ce qu’elle est, lui concéder ce contrat servait l’intérêt de son pays.
Mme Catoni:
une pionnière
Grâce à une pionnière, Simone Charles Catoni, le collège avait vu le jour en 1966, à Hazmieh, non loin de ce qui fut le siège du Conseil supérieur chiite.
Déléguée en 1947 par le gouvernement français pour fonder le premier jardin d’enfants au Liban, à la villa Pasteur, sur le campus de la rue Clémenceau qui devait devenir le siège de l’ambassade de France, Simone Catoni — qui vit aujourd’hui à Chypre — aura formé des générations de Libanais, qui lui doivent tant. A ce titre, elle mériterait sans nul doute d’avoir une section en son nom au collège Louise Wegmann.

