«Je veux devenir la «Latina» de Hollywood, dit-elle. Etre une star dans l’air du temps. J’ai envie de savoir que mon nom fait entrer les spectateurs dans les salles, comme Michelle Pfeiffer ou Demi Moore...»
La Belle au
bois dormant
Jennifer Lopez ne manque pas d’ambition. Dans son avant-dernier film, «Jack», de Francis Ford Coppola, elle était une maîtresse d’école dévouée pour Robin Williams. Celui-ci allait en classe avec entrain. On le comprend: si tout le corps enseignant avait ses atouts, les lycées seraient pleins.
Née dans le Bronx, dans une famille modeste, Jennifer Lopez a découvert sa vocation à l’école. «Je pensais que je serais vétérinaire ou dresseuse de chevaux... Mais on m’a demandé de jouer le rôle de «La Belle au bois dormant». Quand les applaudissements ont éclaté à la fin, j’ai su que c’était ça ma voie.»
A seize ans, elle se lance dans la danse. Deux ans plus tard, elle se présente à une audition: Fox Télé veut mettre en route un feuilleton intitulé «In Living Colors». Seul inconvénient: il y a deux mille candidates. C’est elle qui sera choisie. Tous les jours, pendant deux saisons, elle exécute des claquettes, balance ses répliques, apprend son texte. «J’ai appris une chose: le maquillage et la sueur font mauvais ménage». Elle choisit un fond de teint étanche.
En 1995, première chance au cinéma. Elle joue dans «My Family», un mélo. Puis enchaîne avec «Money Train» où, entre Woody Harrelson et Wesley Snipes, elle fait craquer tous les flics des commissariats où le film est tourné. «Le premier jour, c’était dur. Il fallait commencer par la scène d’amour avec Wesley. Je ne le connaissais même pas. J’ai eu peur de me dégonfler... Mais j’ai trouvé le remède: de bons vieux slows sur le plateau!»
Très rapidement, les demandes affluent.
Gamine laide
Après «Jack, Blood and Wine et Anaconda», elle a tourné dans «Selena», de Gregory Nava, où elle tient le rôle-titre. «Ce fut le plus grand défi de ma vie d’incarner Selena». En effet, la chanteuse mexicano-américaine (inconnue dans le monde, mais très célèbre aux Etats-Unis) fut assassinée en 1995 par une groupie, Yolanda Saldivar. Selena avait vingt-trois ans. «J’ai été choisie pour ma ressemblance avec elle. Selena aurait pu être ma sœur jumelle. Mais le plus difficile, c’est que son père, Abraham Quintanilla, et sa mère, Marcela, étaient tous les jours sur le plateau. Si je faisais un geste qui ne ressemblait pas à leur fille, ils me corrigeaient...».
Difficile, certes. Mais les heures de travail de Jennifer Lopez ont payé. Au bout d’une semaine, les parents de Selena ont fondu en larmes, croyant revoir leur fille morte.
D’autres projets attendent déjà la nouvelle bombe sensuelle de Hollywood: un thriller avec Sean Penn et Nick Nolte, sous la direction d’Oliver Stone, et un film d’aventures encore tenu secret. Aujourd’hui, l’actrice a pris conscience de sa séduction. Pourtant, on ne lui connaît pas de boyfreind – avis aux amateurs. «Quand j’étais gamine, je me trouvais laide. J’étais maigre et j’avais un popotin qui dépassait. J’en avais honte. Finalement, quand je me regarde sur l’écran, je me dis: «Au fond, tu n’es pas si mal, Jennifer.» Et je me mets à danser. C’est ma façon d’exprimer ma joie.»

