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Actualités - Chronologie

Furioso, ma non troppo

BUCAREST, 14 Avril (AFP). — Un bras de fer oppose la direction du plus prestigieux orchestre symphonique roumain, l’orchestre George Enescu, à la plupart de ses musiciens, mobilisés pour l’un d’eux, un choriste, licencié il y a quelques semaines, et soutenu par de nombreux artistes du pays.
Plusieurs centaines d’entre eux se sont donné rendez-vous en fin de semaine à Bucarest, à l’appel de leur syndicat, la Fédération des musiciens roumains (FMR), pour s’organiser dans le premier conflit du travail touchant le monde artistique qu’ait connu la Roumanie.
Basse dans le chœur de l’orchestre Enescu, Ionel Grimade, 33 ans, avait fait sensation, le 20 décembre 1996 lors d’un concert dans la salle d’Athénée, en chantant assis et non debout le «Messie» de Haendel.
Il avait au préalable, applaudi par des spectateurs, appelé à la défense des droits sociaux des musiciens, malmenés, selon lui, par la direction et le chef d’orchestre, Cristian Mandeal. M. Grimade, responsable syndical, conteste un contrat commercial signé par la direction d’Enescu, avec les producteurs allemands de Munich Col Legno et Arte Nova (filiales de la multinationale BMG), au mépris, affirme-t-il, des droits des artistes et de la législation roumaine.
Seize CD, comprenant presqu’intégralement les œuvres symphoniques de Brahms et Enescu, ont ainsi été réalisés par les musiciens. Huit sont déjà commercialisés, essentiellement en Allemagne, et les musicien — payés en moyenne mensuellement l’équivalent de 100 USD —, n’ont reçu que certains acomptes, en lei, alors que les sommes ont été versées en devises à la direction de l’orchestre. Les choristes, tels M. Grimade n’ont rien reçu du tout.

Chantage au
travail

«Les musiciens ont fait l’objet de chantage au travail», a affirmé lors d’une récente visite le Français Jean Vincent, président de la Fédération internationale des musiciens (FIM), qui appelle à une action en justice, en France et en Allemagne pour faire interdire la vente de ces «disque-pirates». «Ce dossier constituerait un premier exemple de coopération internationale entre les musiciens dans le domaine de la piraterie», explique-t-il.
De son côté, M. Mandeal rétorque que c’est une «chance pour l’orchestre Enescu de percer ainsi le marché occidental», et considère «illégitime» l’action des musiciens, soulignant qu’ils avaient été payés.
Les musiciens ont écrit au ministre de la Culture Ion Caramitru — qu’ils affirment «solidaire» de M. Mandeal —, et au président Emil Constantinescu.
«Avant, sous Ceausescu, c’était dramatique et simple. Il y avait une structure pyramidale, totalement centralisée. Puis, après la révolution de 1989, nous avons mené bataille pour sauver le patrimoine, les orchestres, nos droits. Pour la première fois, par une loi de 1996, les droits des auteurs et des interprètes ont été reconnus, protégés», explique Stefan Cheorghiu, premier alto à Enescu, et président de la FMR.
«Nous avons cru en une nouvelle ère avec les élections de novembre 96. Mais c’est revenu comme avant. C’est le contrôle bureaucratique en permanence, le blocage, l’absence de dialogue social», déplore-t-il.
M. Grimade estime que son licenciement «atteint la dignité de tous les musiciens». Il assure que le contrat avec le producteur allemand est «un précédent dangereux».
La Roumanie, dont de nombreux musiciens, tels le pianiste Radu Lupu et les choristes Ileana Cotrubas et Mariana Nicolesco se produisent en Europe occidentale, compte 25 orchestres symphoniques et quelque 1.200 musiciens.
BUCAREST, 14 Avril (AFP). — Un bras de fer oppose la direction du plus prestigieux orchestre symphonique roumain, l’orchestre George Enescu, à la plupart de ses musiciens, mobilisés pour l’un d’eux, un choriste, licencié il y a quelques semaines, et soutenu par de nombreux artistes du pays.Plusieurs centaines d’entre eux se sont donné rendez-vous en fin de semaine à Bucarest, à l’appel de leur syndicat, la Fédération des musiciens roumains (FMR), pour s’organiser dans le premier conflit du travail touchant le monde artistique qu’ait connu la Roumanie.Basse dans le chœur de l’orchestre Enescu, Ionel Grimade, 33 ans, avait fait sensation, le 20 décembre 1996 lors d’un concert dans la salle d’Athénée, en chantant assis et non debout le «Messie» de Haendel.Il avait au préalable, applaudi par des...