Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Albanie : le chaos gagne le nord

TIRANA, 14 Avril (AFP). — C’est dans le nord de l’Albanie que règne le plus inquiétant chaos, même si l’insurrection est née au sud, qui focalise l’attention de la communauté internationale, réticente à y envoyer ses soldats.
Plus montagneuse et moins développée que le reste du pays, cette région n’a pas été épargnée par la vague de violence qui a submergé le pays des Aigles.
Mais alors que les habitants des villes du sud ont pillé les casernes pour protester contre l’effondrement de sociétés spéculatives dans lesquelles ils avaient investi des millions de dollars, ceux du nord, moins concernés car plus pauvres, se sont armés en réaction à l’anarchie. La situation y reste très tendue.
Le 5 avril, le convoi du premier ministre Bashkim Fino, originaire du sud, est arrêté à quelques kilomètres de Shkodra, principale ville du nord, par des inconnus qui tirent en l’air et lancent des grenades.
Il doit faire demi-tour: aucun officiel de haut rang n’a pu s’y rendre depuis la formation du «gouvernement de réconciliation nationale», le 9 mars.
Le 10 avril, des inconnus attaquent le commissariat de Shkodra: un policier est tué, un autre blessé.
Le lendemain, toujours à Shkodra, un médecin est abattu d’une rafale de Kalachnikov. Lorsqu’arrive l’hélicoptère venu le transférer à Tirana, l’équipe d’évacuation est attaquée, un autre médecin blessé.
Les barrages d’hommes armés ont disparu des régions méridionales alors qu’ils subsistent dans les villes du nord où la tension ne baisse pas, ont indiqué des habitants joints par téléphone.

Une terre plus dure

Alain Lennartz, chef de mission du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dont une équipe revient d’une première tournée de distribution dans le pays, explique que «le nord a toujours été une terre plus dure, avec donc des habitants plus durs».
«Notre terrain d’action le plus difficile, c’est incontestablement le nord. Et ce n’est pas nouveau: en 1991-92, lors de l’opération Pélican, c’est là que les difficultés avaient été rencontrées», ajoute-t-il.
Montagnes arides, terres d’émigrations, les régions septentrionales ont vu perdurer les règles d’une société traditionnelle empreinte de violence. Le «Kanun», ensemble complexe de codes ancestraux codifiant notamment le recours à version albanaise de la vendetta, n’a plus cours dans le sud du pays; il reste en vigueur dans le nord et le nombre de morts violentes qui en résultent a fortement augmenté au cours des dernières semaines.
Les volontaires de la Croix-Rouge, internationale et albanaise, assurent y avoir ressenti une impression de danger et une tension nullement comparables à l’ambiance des régions insurgées du sud, où la contestation prend un tour plus politique.
«Quelque chose comme la visite de Prodi dimanche à Vlora est absolument inimaginable actuellement dans le nord», estime le chef d’une mission humanitaire.
En dépit des menaces qui ont suivi le naufrage du détroit d’Otrante, le chef du gouvernement italien a été acclamé dans le grand port du sud par une foule enthousiaste.
Perikli Teta, ancien ministre de l’Intérieur, explique que «le sud a toujours eu la mer comme porte vers la liberté».
Terre de trafics, limitrophe avec la Grèce qui n’a jamais hermétiquement fermé sa frontière, le sud bénéficie de soupapes de sécurité qui réduisent la tension sociale. Profitant de la disparition des douaniers, une centaine de camions montent actuellement chaque jour de Grèce.
Rien de tel dans le nord: la Macédoine et la Yougoslavie ont interdit leurs territoires depuis le début de la crise et donc le commerce frontalier qui faisait vivre de nombreux foyers, augmentant la sensation d’enfermement.
«Il faudra être très fins, très précautionneux pour intervenir au nord, conclut Alain Lennartz. C’est une société fragile, facile à déséquilibrer et dans ce cas les réactions peuvent être très violentes».
C’est le contingent espagnol de la force internationale qui doit se déployer à Shkodra et sa région.
TIRANA, 14 Avril (AFP). — C’est dans le nord de l’Albanie que règne le plus inquiétant chaos, même si l’insurrection est née au sud, qui focalise l’attention de la communauté internationale, réticente à y envoyer ses soldats.Plus montagneuse et moins développée que le reste du pays, cette région n’a pas été épargnée par la vague de violence qui a submergé le pays des Aigles.Mais alors que les habitants des villes du sud ont pillé les casernes pour protester contre l’effondrement de sociétés spéculatives dans lesquelles ils avaient investi des millions de dollars, ceux du nord, moins concernés car plus pauvres, se sont armés en réaction à l’anarchie. La situation y reste très tendue.Le 5 avril, le convoi du premier ministre Bashkim Fino, originaire du sud, est arrêté à quelques kilomètres de...