Cette consultation intervient cinq ans après l’interruption d’un processus électoral qui allait permettre au Front islamique du salut (FIS — dissous) de dominer l’Assemblée nationale.
Dernier à annoncer son engagement dans la compétition, le Mouvement de la société islamique (MSI-Hamas) dont le chef, Mahfoud Nahnah, avait fait la première force de l’opposition, lors de l’élection présidentielle de novembre 1995, avec 25 pc des suffrages (3 millions de voix).
M. Nahnah a rompu le suspense dimanche, après un bras de fer de plusieurs semaines avec le ministère de l’Intérieur, qui demandait à Hamas de supprimer toute référence à l’islam de son appellation et de ses statuts, pour être en conformité avec la nouvelle loi sur les partis. Celle-ci interdit l’utilisation des composantes de l’identité nationale, islam, arabité, amazighité (berbérité) à des fins partisanes.
Le MSI s’appellera désormais Harakat Mujtamâa al-Silm (Mouvement de la société de la paix), mais il ne pourra pas continuer à utiliser le sigle Hamas qui correspond encore en arabe à sa nouvelle appellation.
Avant lui, le Mouvement de la renaissance islamique (MRI-Ennahda), le deuxième parti islamiste, avait changé de nom, pour devenir Harakat Ennahda (le Mouvement de la renaissance).
«Nous avons pris ces décisions pour ne pas donner la possibilité à l’administration et aux éradicateurs (partisans de l’interdiction des partis islamistes) de nous écarter de la scène politique», a expliqué M. Nahnah, en laissant entendre que le ministère de l’Intérieur voulait amener Hamas à boycotter les législatives.
Outre l’ex-Hamas, la compétition sera dominée par quatre autres partis: le Rassemblement national démocratique (RND), récemment créé pour soutenir le président Liamine Zéroual, le Front de libération nationale (FLN-ancien parti unique), le Front des forces socialistes (FFS), de Hocine Ait-Ahmed et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) de Said Sadi.
Le FFS, partisan d’une solution «négociée» impliquant le FIS, a justifié sa participation par son désir de «faire campagne pour la paix» et non d’obtenir des sièges au Parlement.
Listes secrètes
A une semaine du délai prévu pour le dépôt des candidatures, le 21 avril, les partis élaborent dans le secret les listes de leurs candidats. Hormis Said Sadi, aucun dirigeant connu n’a encore annoncé son intention de briguer un siège.
Le scrutin sera boycotté par le Mouvement Ettahadi (ex-communiste) et par le Mouvement pour la démocratie en Algérie (MDA), de l’ancien président Ahmed Benbella, deux partis à faible implantation. Avant eux, le FIS avait appelé au boycottage de l’élection.
A Madrid, lors d’une réunion tenue samedi et dimanche sous l’égide d’ONG espagnoles, M. Benbella et le FIS ont lancé un appel en faveur d’une issue «négociée» et «pacifique» au «bain de sang» qui frappe l’Algérie.
Cet appel ne risque pas d’être entendu, estiment les observateurs. Le président Zéroual avait écarté toute possibilité de dialogue avec le FIS après son élection. «Le dossier du FIS est clos», avait-il répondu à ceux qui lui demandaient de reprendre langue avec les dirigeants de ce mouvement.

