Le rédacteur en chef d’«Al-Ahram International» affirme, dans son éditorial, reprendre l’adjectif attribué récemment à M. Clinton par le journaliste américain Thomas Friedman du «New York Times» qui, selon le journal a estimé que «l’accord de paix va s’éteindre et avec lui mourra le processus de paix dont l’acte de décès sera signé par Clinton, l’assassin de la paix».
«Nous ne trouvons plus de mots adéquats pour exprimer la faiblesse pathologique de Clinton face à la frénésie agressive israélienne», écrit M. Salaheddine Hafez.
L’Egypte et les pays arabes ont vivement déploré les deux vétos américains consécutifs qui ont bloqué des résolutions de l’ONU exigeant d’Israël l’arrêt de la construction de la colonie d’Abou Ghneim à Jérusalem-Est.
Hafez estime que cette politique israélienne est «le fruit de la faiblesse fondamentale de la position américaine, de son alignement aveugle (sur Israël) et parce que Washington a baissé le masque et remis en cause son rôle de parrain et de partenaire impartial dans le processus de paix».
«Pour les Arabes, le vase déborde. Ils voient le boucher israélien, allié et protégé par le bourreau américain, massacrer leurs enfants et emprisonner leurs femmes après avoir volé leur terre», ajoute l’éditorialiste.
Il affirme que «Clinton dirige le processus de paix avec mollesse et inconsistance. Il fait preuve d’un comportement humiliant pour les Arabes car il néglige leurs intérêts stratégiques et porte atteinte même aux intérêts vitaux américains».
L’éditorialiste souligne que M. Clinton avait durant son premier mandat (92-96), fait preuve de «profonde sympathie avec le tandem Rabin-Pérès, puis parié sur le cheval (Shimon) Pérès dans les élections de 96».
Il accuse M. Clinton de chercher à satisfaire Netanyahu en «pardonnant son extrémisme et en faisant preuve de compréhension vis-à-vis de son rejet du processus de paix».
M. Clinton agit ainsi, selon M. Hafez, «comme s’il cherchait à compenser son échec dans son pari sur Pérès en volant dans les poches des Arabes pour fournir une récompense à Netanyahu.
«Au lieu de dire à Netanyahu: Ça suffit, Clinton (...) a poursuivi ses pressions sur les Arabes, les menaçant à huis clos puis distribuant de pâles sourires devant les photographes», ajoute-t-il.
Il souligne que les Etats-Unis «négligent les volets syrien et libanais du processus de paix, pressent jusqu’au bout Arafat d’être le gardien de la sécurité israélienne et exercent un chantage sans précédent sur l’Egypte».

