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Actualités - Chronologie

Marché de l'amour

SAPA (Vietnam), 9 Avril (AFP). – Les touristes qui débarquent par cars entiers le week-end à Sapa, village de minorités ethniques montagnardes près de la frontière chinoise célèbre pour son «marché de l’amour», n’imaginent probablement pas que leur présence menace de disparition ce rituel unique au Vietnam.
Tous les samedis à l’aube, les membres de la minorité Dao se mettent en marche pour parcourir les 40 kilomètres qui les séparent de Sapa et atteindre le marché avant la nuit. Alors se déroule un étrange rituel: les couples mariés se défont et hommes et femmes vont chercher un autre partenaire – toujours Dao – pour s’isoler avec lui toute la nuit, chanter des couplets sentimentaux, danser, puis faire l’amour.
Les couples officiels se reforment au petit matin pour reprendre la route. Les enfants nés de ces unions d’une nuit sont reconnus par le père de famille, au nom d’une coutume ancienne apparemment destinée à enrayer la dénatalité qui menaçait d’extinction cette ethnie.

Du travail
pour tous

En ce week-end de printemps, de jeunes femmes parées de somptueuses broderies rouges et indigo courent de nuit sur le marché comme des animaux apeurés devant tous les curieux, vietnamiens et étrangers. Certaines s’aventurent à descendre un grand escalier pour retrouver un amant dans un hangar, avec l’air affolé du gibier pris dans des phares de voiture. Mais les touristes sont trop près, trop voyants, trop bruyants. Elles rebroussent chemin.
«Nous voulons garder notre culture», s’insurge à Lao Cai, à un jet de pierre de la frontière chinoise, Dao Manh Co, président du département des relations internationales de la province. Entre autres dérapages, il cite le cas d’une équipe de télévision ayant payé des Dao pour filmer quelques scènes aussi exotiques que torrides sur le «marché de l’amour».
Comme aiment à le dire des Vietnamiens, la pièce de monnaie a toujours deux côtés et l’arrivée récente de touristes dans cette zone reculée à 400 kilomètres de Hanoï a apporté le meilleur comme le pire.
Pour Dang Trung, propriétaire de «L’Auberge», «l’amélioration du niveau de vie a profité aux 3.000 habitants. Il y a trois ans j’étais très pauvre, j’ai emprunté à tout le monde. Aujourd’hui, non seulement j’ai remboursé, mais j’ai un deuxième projet de 30.000 dollars pour agrandir l’hôtel».
En 1993 l’ancienne station climatique de Sapa n’offrait aux touristes qu’un seul hôtel d’Etat spartiate. Aujourd’hui, on en recense une soixantaine. «Il y a du travail pour tout le monde: les maçons, les menuisiers, les commerçants», explique M. Trung qui vante aussi l’arrivée de l’électricité et la réfection de la route de Lao Cai.
Modèle de
cohabitation

Mais Sapa a été «défigurée» par le tourisme et «derrière les sourires, il y a des larmes», selon ce vieux francophone qui cultive avec amour des orchidées. La prostitution des minorités ethniques avec des touristes a fait son apparition, de même que les fumeurs d’opium étrangers, attirés par les cultures de pavot dans les montagnes environnantes.
«Le marché de l’amour va disparaître, prédit-il. Ils vont chercher un autre endroit et tout va changer ici».
A Lao Cai, M. Co trouve lui aussi qu’«on a détruit beaucoup de forêts pour faire de la place aux nouvelles constructions». Des dizaines de «villas» prétentieuses à colonnades ont été érigées pour les nouveaux riches à la place des villégiatures des colons français presque toutes rasées lors du conflit frontalier de 1979 avec la Chine.
Il reste que Sapa, perchée à 1.600 mètres d’altitude, offre l’un des plus beaux tableaux du Vietnam, avec des montagnes souvent perdues dans une brume épaisse et des rizières en terrasse.
Sapa est aussi un modèle de cohabitation entre les Kinh majoritaires au Vietnam, les Dao et les Hmong.
Assis sur le pas de la porte de son «guest house», le vieux Nguyen Chien, docteur en droit de la Sorbonne, regarde avec amusement passer les jeunes femmes Dao. Mais il trouve que «tout de même, le marché de l’amour c’est bizarre».

CHASSE AUX MENDIANTS

LA HAVANE 9 Avril (Reuter). – Les autorités municipales du vieux quartier de La Havane ont décidé d’agir pour faire cesser le harcèlement dont sont victimes les touristes de la part des enfants-mendiants.
Selon l’organe du PC cubain «Granma», des mesures vont être prises pour que ces gamins quittent le pavé et réintègrent les salles de classe. Les parents d’enfants récidivistes arrêtés en train de quémander un bonbon ou de l’argent se verront notamment infligés un avertissement.
Le régime communiste au pouvoir à Cuba, qui se targue officiellement d’avoir éliminé la mendicité, compte sur le secteur du tourisme pour engranger de précieuses devises étrangères. La prostitution est également florissante dans les quartiers pour touristes, qui sont aussi fréquemment victimes de vendeurs à la sauvette de «havanes» offerts à des prix défiant toute concurrence. Mais en général, seul l’emballage est authentique.
SAPA (Vietnam), 9 Avril (AFP). – Les touristes qui débarquent par cars entiers le week-end à Sapa, village de minorités ethniques montagnardes près de la frontière chinoise célèbre pour son «marché de l’amour», n’imaginent probablement pas que leur présence menace de disparition ce rituel unique au Vietnam.Tous les samedis à l’aube, les membres de la minorité Dao se mettent en marche pour parcourir les 40 kilomètres qui les séparent de Sapa et atteindre le marché avant la nuit. Alors se déroule un étrange rituel: les couples mariés se défont et hommes et femmes vont chercher un autre partenaire – toujours Dao – pour s’isoler avec lui toute la nuit, chanter des couplets sentimentaux, danser, puis faire l’amour.Les couples officiels se reforment au petit matin pour reprendre la route. Les enfants nés de...