Ce dossier devrait progresser lors de la réunion de printemps du FMI et de la Banque mondiale, prévue pour la fin du mois à Washington, et une décision définitive être prise peu après, a précisé M. Camdessus, à l’issue d’un entretien avec le président français Jacques Chirac à Paris.
La liste des pays sera officiellement arrêtée «au cours des prochaines semaines», a ajouté M. Camdessus en précisant que la «mécanique» d’allégement de la dette était désormais acquise.
Il a indiqué qu’il restait encore toutefois quelques difficultés pour que la Côte-d’Ivoire figure dans la première liste de pays bénéficiaires, notamment parce que ce pays dispose de recettes d’exportation significatives qui l’aident à payer sa dette.
«J’ai fait des propositions qui devraient aboutir à un résultat positif pour la Côte-d’Ivoire mais les points de vue sont partagés» au sein du Conseil d’administration du FMI — où siègent notamment les grands pays industrialisés —a reconnu M. Camdessus.
Selon de bonnes sources, la France insiste beaucoup pour que la Côte-d’Ivoire figure dans la liste des premiers bénéficiaires. D’autant qu’elle s’est finalement rangée à l’idée que l’Ouganda, que Paris considère comme l’un des principaux soutiens aux rebelles zaïrois, y figure aussi.
C’est en juin 1996 que les sept pays industrialisés réunis pour leur sommet annuel à Lyon ont décidé cette initiative. Elle va permettre d’effacer ou de rééchelonner jusqu’à 80% (au lieu de 67% auparavant) la dette des pays les plus pauvres due aux créanciers publics (Etats).
Elle devrait aussi permettre de rééchelonner ou d’effacer l’essentiel de leur dette auprès des institutions internationales comme le FMI, la Banque mondiale, ou les autres banques de développement qui leur prêtent de l’argent, à condition qu’ils mettent en place des programmes de redressement économique.
Cette initiative ne concerne a priori qu’une dizaine à une vingtaine de pays parmi les plus pauvres et les plus lourdement endettés du monde. M. Camdessus a reconnu que la diversité des critères qui rend les pays éligibles au nouveau mécanisme «rend la vie difficile».
M. Camdessus a par ailleurs indiqué qu’un autre grand sujet figurerait à l’agenda de la réunion de printemps du FMI, celui de l’extension du rôle de l’institution dans le domaine de la libéralisation des capitaux.


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