Paris pourrait proposer d’accueillir fin mai un mini-sommet au cours duquel serait signé un accord sur les relations de coopération entre Moscou et l’OTAN, a-t-on ajouté de même source.
Le chef de la diplomatie russe, qui doit rencontrer le 15 avril à Moscou le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Javier Solana, sera reçu mercredi par le président Jacques Chirac.
Sa visite à Paris s’inscrit dans le cadre de l’offensive diplomatique lancée par le Kremlin, inquiet de l’élargissement de l’OTAN à l’Est.
Les discussions devraient également porter sur la candidature de Moscou au Club de Paris et sur le traité d’union signé la semaine dernière entre la Russie et la Biélorussie.
L’OTAN, qui regroupe actuellement 16 pays, devrait lors du sommet en juillet à Madrid inviter au moins trois anciens membres du Pacte de Varsovie — Pologne, Hongrie et République tchèque — à ouvrir des négociations en vue de leur adhésion à l’Alliance.
L’agence de presse russe Itar-Tass a rapporté récemment que Paris pourrait accueillir prochainement un mini-sommet qui serait l’occasion de signer un document sur les nouvelles relations de coopération entre Moscou et l’Alliance. La France n’a pas commenté cette information.
Un accord fin mai
De source diplomatique occidentale, on pense que le président Jacques Chirac désirerait qu’un tel document soit signé fin mai à Paris.
Un tel geste soulignerait l’importance du rôle joué par la France dans une Alliance rénovée et pourrait aider à régler le différend franco-américain sur le commandement sud de l’OTAN, basé à Naples. Les Français veulent que les Américains remettent ce commandement à un Européen, ce que refuse Washington.
«Ce serait un bon moyen de donner à la France un rôle de premier plan et de mettre au point un compromis sur le dossier du commandement sud, ce qui conduirait au retour des Français au sein de la structure militaire intégrée» qu’ils ont quittée en 1966, déclare-t-on de source diplomatique à Paris. «Mais rien n’est encore réglé à ce stade».
De même source, on précise que Paris devrait d’abord accepter un compromis repoussant de plusieurs années toute décision sur le commandement sud.
Les négociations entre l’Alliance et la Russie ont progressé depuis que les présidents Bill Clinton et Boris Eltsine sont convenus le mois dernier à Helsinki de mettre en place un partenariat destiné à rassurer Moscou face à l’extension de l’Alliance à l’Est.
De même source, on précise que des progrès substantiels ont été réalisés sur quatre des cinq principaux points du dossier: préambule sur la sécurité européenne, principes de coopération, Conseil conjoint OTAN-Russie et principaux secteurs de coopération. Reste un point de désaccord: les limitations qui devraient être imposées aux infrastructures de l’Alliance sur le territoire de ses nouveaux membres en Europe de l’Est.
Si un accord est trouvé, on déclare de source proche de l’OTAN que Bill Clinton et Boris Eltsine ont avancé la date du 27 mai pour la cérémonie de signature, «quelque part en Europe».
Bill Clinton sera à La Haye le 28 mai pour un sommet entre les Etats-Unis et l’Union européenne.

