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Actualités - Chronologie

Les toxicomanes anonymes du Koweit partent en guerre contre la drogue

KOWEIT, 7 Avril (AFP). — Un petit groupe de Koweitiens, équipés d’un téléphone mobile et animés par leur expérience de toxicomanes, s’est mis en campagne pour lutter contre la consommation de la drogue en hausse dans l’émirat du Golfe.
De petites annonces dans les journaux exhortent les consommateurs de drogue à entrer en contact avec les «Toxicomanes Anonymes» (TA), avant de finir en prison ou de succomber à une surdose.
Fondée en 1995, l’association des TA n’a commencé que récemment à rendre publique son adresse: un simple numéro de téléphone mobile, garantie de l’anonymat face à un problème qui semble s’aggraver.
Les réunions hebdomadaires des TA, tenues dans la discrétion, rassemblent un groupe hétérogène de 40 personnes, dont des cadres, des chômeurs et d’anciens prisonniers, unies par la même volonté de se débarrasser de la dépendance.
«Il est très important pour moi de me rappeler constamment que j’avais un problème, car un excès de confiance pourrait me conduire à la rechute», dit Abdallah, 30 ans, qui se bat contre la dépendance depuis l’adolescence.
«Au Koweit, on considérait les toxicomanes comme des criminels ou des voleurs. Pour la première fois, on réalise maintenant qu’un toxicomane peut suivre des études universitaires», indique pour sa part Bachir, 33 ans.
Bachir, qui veut — comme Abdallah — taire son identité, a rompu avec la drogue grâce à des sessions de thérapie des TA, dont il est devenu par la suite un des animateurs.
Les TA «font le travail du gouvernement» dans la lutte contre la drogue, estime le psychologue Salah al-Rached, qui recommande à ses clients toxicomanes d’entrer en contact avec cette association.
«Nous cachons toujours nos problèmes, lesquels finiront un jour par devenir incontrôlables», a-t-il prévenu, en faisant état d’une hausse des cas de toxicomanie traités dans son centre de thérapie sociale et psychologique.
L’unique mesure prise jusqu’à présent par le gouvernement contre la consommation de la drogue a été le durcissement des sanctions, les toxicomanes étant désormais passibles de cinq ans de prison et les trafiquants de drogue avec récidive de la peine capitale.
«Le durcissement de la loi pourrait aider à maîtriser le problème, mais sans le résoudre», affirme M. Rached, qui appelle le gouvernement à mener une campagne de sensibilisation contre le fléau.
Les experts affirment en outre qu’ils se heurtent dans leurs études sur la consommation de la drogue à un manque de statistiques et à la tradition qui fait de cette question un sujet tabou.
«Il n’y a pas de statistiques, et la cause serait l’évolution rapide du problème», estime Ian Rodger, un Britannique dirigeant la section de toxicomanie à l’hôpital psychiatrique de Koweit.
M. Rodger a indiqué que le centre de traitement des cas d’intoxication, créé en novembre dernier dans cet hôpital, comptait 30 patients, alors que le service de consultations externes du centre assurait le traitement de 600 autres personnes.
Selon des spécialistes, le traumatisme subi par les Koweitiens à la suite de l’occupation irakienne (août 1990-février 1991) serait l’une des raisons de la montée de la consommation des stupéfiants.
L’action des TA signale un changement dans l’attitude du gouvernement envers la drogue, un problème qui a fait récemment le thème d’un débat à la télévision officielle et d’un séminaire.
KOWEIT, 7 Avril (AFP). — Un petit groupe de Koweitiens, équipés d’un téléphone mobile et animés par leur expérience de toxicomanes, s’est mis en campagne pour lutter contre la consommation de la drogue en hausse dans l’émirat du Golfe.De petites annonces dans les journaux exhortent les consommateurs de drogue à entrer en contact avec les «Toxicomanes Anonymes» (TA), avant de finir en prison ou de succomber à une surdose.Fondée en 1995, l’association des TA n’a commencé que récemment à rendre publique son adresse: un simple numéro de téléphone mobile, garantie de l’anonymat face à un problème qui semble s’aggraver.Les réunions hebdomadaires des TA, tenues dans la discrétion, rassemblent un groupe hétérogène de 40 personnes, dont des cadres, des chômeurs et d’anciens prisonniers, unies par la...