Les délibérations au Parlement ont commencé vendredi, le premier ministre Ryutaro Hashimoto espérant une adoption définitive d’ici 15 jours, avant son départ pour les Etats-Unis le 24.
Le projet de loi amende les lois existantes sur l’expropriation qui datent de 1952. S’il est adopté, le texte permettra aux bases américaines de continuer d’occuper 12 sites à Okinawa appartenant à quelque 3.000 personnes qui refusent de renouveler les baux arrivant à échéance le 14 mai.
L’hostilité à la présence militaire américaine dans l’île méridionale japonaise a connu un brusque regain après le viol d’une lycéenne de 12 ans par trois GI en septembre 1995.
M. Hashimoto a réaffirmé jeudi qu’il ne demanderait pas de réduction des troupes américaines basées à Okinawa lors de sa rencontre avec le président Bill Clinton le 25 avril.
«Ce n’est pas le moment de discuter de réduction des troupes américaines», a-t-il dit devant une commission parlementaire, rappelant les menaces qui pèsent sur la stabilité en Asie de l’Est.
Le gouverneur d’Okinawa, Masahide Ota, a jugé l’adoption du projet de loi «très regrettable» tandis que les propriétaires des parcelles en question ont dénoncé ce qu’ils jugent être «un acte scandaleux, fasciste».
Le président du Parti socialiste, Takako Doi, a renouvelé l’opposition de sa formation à ce texte. «Il va donner la possibilité au gouvernement de faire ce qu’il veut. J’y suis opposée», a-t-elle dit.
M. Hashimoto, chef du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir, a entrepris des consultations avec l’opposition conservatrice pour obtenir son soutien sur cette question.
Une nouvelle affaire
de viol
Le chef du Parti de la nouvelle frontière (PNF, Shinshinto) n’a pas encore dit ce qu’il ferait mais son soutien semble acquis.
Le jour de l’adoption de ce texte éclatait au Japon une nouvelle affaire de viol mêlant les forces américaines.
L’US Navy au Japon a confirmé le placement en garde à vue d’un sous-officier de la base navale de Yokosuka, dans la banlieue de Tokyo, qui est accusé de viol par une Japonaise, précisant que l’enquête avait été confiée à la police japonaise.
«Il est actuellement interrogé par la police japonaise avec l’aide du Service d’enquête criminelle de la marine. Les autorités japonaises ont pris en charge la totalité de l’affaire», ajoute ce communiqué.
Le sous-officier est âgé de 26 ans mais son identité ne sera pas rendue publique jusqu’à son inculpation éventuelle.
L’US Navy a précisé que suite à un appel, une Japonaise de 21 ans avait été retrouvée mercredi à 02h45 (17h45 GMT mardi) par les services de sécurité dans le quartier réservé au personnel célibataire de la base de Yokosuka.
«Elle a affirmé qu’elle avait été agressée sexuellement. Elle a été conduite à l’hôpital de la base de Yokosuka où elle a été signée pour une fracture de la clavicule gauche, des contusions et des écorchures», ajoute le communiqué.
Ces faits interviennent peu avant la visite du secrétaire américain à la Défense, William Cohen, attendu au Japon et en Corée du Sud la semaine prochaine.
Quelque 27.000 sur les 47.000 GI stationnés au Japon sont déployés à Okinawa, une île qui ne représente que 0,6% de la superficie de l’archipel nippon.

