Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Vlora, une ville où personne ne veut aller

VLORA (Albanie), 3 Avril (AFP). – Vlora, l’un des deux sites albanais que doivent sécuriser les troupes pour permettre l’acheminement des secours, est une ville à la réputation de violence maintenant bien assise, où personne ne veut se rendre et que tous veulent quitter.
Des barricades de voitures brûlées accueillent aujourd’hui le visiteur dans ce qui fut, il y a encore quelques mois, un port animé sur cette jolie côte de l’Adriatique.
La banque de la ville, pillée, n’est plus que ruines fumantes, et une personne meurt ici presque quotidiennement d’un coup de feu accidentel ou d’un règlement de comptes entre bandes de pilleurs. Des hommes armés à l’allure peu engageante patrouillent les rues impunément tandis que la police en uniforme fait mine de trouver cela naturel.
Rares sont les chauffeurs de taxi qui s’aventurent à Vlora, par peur d’y perdre leur voiture ou leur vie. Ils ont en mémoire les histoires de vols et d’agressions dont ont été victimes leurs collègues dans la rue principale de la ville.
Et même les soldats italiens, censés former l’ossature de la force multinationale qui se prépare à acheminer nourriture et secours en Albanie, semblent hésiter à se déployer dans Vlora.
La collision, la semaine dernière, entre une vedette italienne et un navire albanais a fait naître dans cette ville un fort ressentiment contre l’Italie.
Le «comité de salut public», autoproclamé pour faire face à la vague de contestation contre le régime du président Sali Berisha, tournée le mois dernier à la rébellion armée, assure contrôler le port, mais beaucoup d’habitants en doutent. Un mois de désordre total a transformé ce port autrefois actif en une cité de vols et de pillages impunis.
On trouve toutefois une apparence de vie normale. Non loin de la rue principale, un marché de légumes bien achalandé vend des carottes, des laitues et quelques rares autres produits. La viande, le fromage et d’autres marchandises de base sont également disponibles, mais leurs prix ont augmenté d’un tiers.
Bien peu de gens travaillent au port et les cafés sont remplis de groupes d’hommes. Sorti de la rue principale, une boutique sur deux a des impacts de balles sur sa façade, et les habitants effrayés barricadent leurs logements.
Vlora a été le fer de lance de la contestation anti-Berisha, mais des semaines d’anarchie ont suivi les violentes attaques de la foule qui a rejeté la police et le gouvernement local.
Le président est tenu par la population en partie responsable de l’effondrement de sociétés d’épargne frauduleuses qui ont ruiné des milliers de gens. Ses partisans, mais aussi les membres de l’ancien régime communiste, sont les cibles de la colère populaire.
Les pillages de dépôts militaires ont placé des armes de toutes natures dans les mains de citoyens ordinaires et de groupes mafieux, et toute personne qui n’a pas eu son arme le mois dernier lors de ces pillages, en veut désormais une. «Je vais me procurer une Kalachnikov, assure un garçon de 18 ans. Mon frère en a déjà une, mais j’ai besoin d’une arme pour dormir tranquillement la nuit».
VLORA (Albanie), 3 Avril (AFP). – Vlora, l’un des deux sites albanais que doivent sécuriser les troupes pour permettre l’acheminement des secours, est une ville à la réputation de violence maintenant bien assise, où personne ne veut se rendre et que tous veulent quitter.Des barricades de voitures brûlées accueillent aujourd’hui le visiteur dans ce qui fut, il y a encore quelques mois, un port animé sur cette jolie côte de l’Adriatique.La banque de la ville, pillée, n’est plus que ruines fumantes, et une personne meurt ici presque quotidiennement d’un coup de feu accidentel ou d’un règlement de comptes entre bandes de pilleurs. Des hommes armés à l’allure peu engageante patrouillent les rues impunément tandis que la police en uniforme fait mine de trouver cela naturel.Rares sont les chauffeurs de taxi qui...