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Actualités - Chronologie

Force internationale en Albanie : Rome temporise

ROME, 3 Avril (AFP). — La mise en place de la force internationale en Albanie se heurte aux hésitations de l’Italie, qui doit la diriger mais n’a pas encore décidé si elle enverrait des troupes dans le Sud, où l’insécurité reste forte après des semaines de rébellion.
Le chef du gouvernement italien Romano Prodi s’était rendu mercredi dans le Sud albanais insurgé: un geste spectaculaire pour tenter de maîtriser la colère des Albanais après le naufrage, vendredi dernier, d’un bateau de réfugiés heurté par une corvette militaire italienne pendant la traversée de l’Adriatique. L’accident a fait quatre morts et 83 disparus, selon l’ambassade d’Albanie à Rome.
L’Italie doit prendre la tête d’une force multinationale de protection chargée notamment de l’acheminement de l’aide humantiaire en Albanie, avec un contingent de 2.000 à 2.500 hommes sur une force totale de quelque 5.000 soldats.
Outre l’Italie, la présence de la France (1.000 hommes), de l’Espagne (500), de la Grèce (de 600 à 700), de la Roumanie (400) et de la Turquie (500) est acquise. L’Autriche et les Pays-Bas pourraient également envoyer des soldats pour cette mission de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) à laquelle le Conseil de Sécurité de l’ONU a donné son feu vert.
En visite à Rome, l’ex-chancelier autrichien Franz Vranitzky, qui dirige la mission civile humanitaire de l’OSCE en Albanie, a estimé qu’il «faut faire vite» pour mettre sur pied cette force de protection. Selon lui, elle doit être «organisée et préparée» en «l’espace de dix ou 14 jours».
«L’Albanie a besoin d’aide, de restaurer l’ordre public, de reconstruire son économie et de retrouver la confiance dans son système politique», a assuré l’ancien chancelier autrichien.
Mais les informations contradictoires se multiplient sur la volonté de l’Italie d’envoyer des soldats dans le Sud, où l’absence de la force multinationale réduirait considérablement la portée de sa mission.
Le ministre italien des Affaires étrangères Lamberto Dini a indiqué que la date du déploiement de la force multinationale «n’est pas encore décidée». Selon lui, l’Italie «ne demandera pas à éviter le secteur de Vlora», le grand port du Sud de l’Albanie et principal foyer de la rébellion.

Gangsters
surarmés

La veille, des sources militaires à Rome avaient affirmé que les troupes italiennes ne seraient pas envoyées dans le Sud, tout en soulignant que cette décision n’était «pas définitive». La presse italienne se rallie à cette thèse en affirmant que «les Italiens n’iront pas à Vlora».
En outre, l’opinion publique italienne semble de plus en plus réservée. «Trop dangereux», résume le quotidien «La Repubblica» (centre-gauche).
M. Prodi a demandé le soutien de toutes les forces politiques italiennes lors d’un débat à la Chambre des députés consacré à l’Albanie.
Auparavant, il avait effectué une visite éclair et hautement symbolique à Gjirokastra, ville du Sud de l’Albanie tenue par les rebelles armés.
Il y a rencontré le premier ministre albanais Bashkim Fino, et a présenté «les condoléances du peuple italien» pour les victimes du naufrage du détroit d’Otrante.
Après cette rencontre, M. Fino s’est rendu à Athènes où il devait rencontrer le premier ministre grec Costas Simitis, des responsables de l’Union européenne et M.Vranitzky.
Selon des sources concordantes à Tirana, un renoncement de l’Italie à envoyer des soldats dans le Sud de l’Albanie mettrait en péril l’ensemble de la mission de la force internationale. D’autant plus que l’état-major français a fait savoir qu’il souhaitait que les soldats français soient déployés dans le Nord, notamment dans le port de Durres et le long de la route reliant ce port à Tirana.
La Grèce a, quant à elle, choisi d’assurer la sécurité de l’aéroport de Tirana et il est exclu que la Turquie, en raison de la proximité de la frontière grecque, déploie ses hommes dans le Sud de l’Albanie.
«Dans ces conditions», estime un expert militaire occidental à Tirana, «on va se retrouver avec toutes les troupes dans le Nord où il n’en n’a pas vraiment besoin. Les gros contingents ne sont pas disposés à se déployer dans le Sud, mais c’est là que la situation est difficile».
La plupart des villes du Sud, en effet, sont passées au cours des dernières semaines sous la coupe de gangsters, surarmés après le pillage en règle des armureries des casernes et de la police, qui font régner la terreur et l’anarchie.
Quant aux «comités de salut public», qui tentent de prendre les choses en main, ils ne sont en fait pas en mesure d’exercer quelque autorité que ce soit.
ROME, 3 Avril (AFP). — La mise en place de la force internationale en Albanie se heurte aux hésitations de l’Italie, qui doit la diriger mais n’a pas encore décidé si elle enverrait des troupes dans le Sud, où l’insécurité reste forte après des semaines de rébellion. Le chef du gouvernement italien Romano Prodi s’était rendu mercredi dans le Sud albanais insurgé: un geste spectaculaire pour tenter de maîtriser la colère des Albanais après le naufrage, vendredi dernier, d’un bateau de réfugiés heurté par une corvette militaire italienne pendant la traversée de l’Adriatique. L’accident a fait quatre morts et 83 disparus, selon l’ambassade d’Albanie à Rome.L’Italie doit prendre la tête d’une force multinationale de protection chargée notamment de l’acheminement de l’aide humantiaire en...