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Actualités - Chronologie

Le directeur du FMI défend l'aide financière à la Russie

MOSCOU, 2 Avril (AFP). — Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Michel Camdessus a annoncé mercredi que le Fonds allait poursuivre son aide financière à la Russie, en dépit de la lenteur des réformes et des critiques dont cette aide fait l’objet.
M. Camdessus a indiqué qu’aucune décision n’avait encore été prise pour reprendre les versements mensuels prévus dans le cadre d’un prêt de plus de 10 milliards de dollars sur la période 1996-98. Ces versements n’ont été débloqués qu’au compte-gouttes ces derniers mois, et près d’un milliard de dollars de prêts prévus pour être versés au 1er trimestre 1997 sont toujours en suspens.
Mais il a laissé peu de doute que le FMI s’apprêtait à donner son feu vert, qui pourrait être annoncé dès jeudi après sa rencontre annoncée avec le président Boris Eltsine au Kremlin, peu avant son départ pour Washington.
«Il est temps pour la communauté internationale d’aller de l’avant pour soutenir la poursuite des réformes, reprendre notre financement et risquer une fois de plus nos ressources dans votre programme» de réforme économique, a-t-il déclaré, dans un discours devant les étudiants du prestigieux Institut des relations internationales de Moscou.
M. Camdessus justifie sa «confiance» en la Russie par la détermination qu’il dit avoir détectée au sein du nouveau gouvernement, dont l’équipe économique est depuis le mois dernier dirigée par les réformateurs Anatoli Tchoubaïs et Boris Nemtsov.
«Personne n’est plus soucieux des problèmes que les personnes aujourd’hui au pouvoir», a affirmé M. Camdessus au lendemain de rencontres avec MM. Tchoubaïs, Nemtsov et le premier ministre Viktor Tchernomyrdine, en place pour sa part depuis décembre 1992. «Ils sont décidés à prendre le taureau par les cornes», a-t-il assuré.
Fidèle à la politique de soutien des Occidentaux à Boris Eltsine, le directeur du FMI a eu des mots flatteurs pour le président russe, affirmant qu’il avait parfaitement défini les problèmes dans son discours le 6 mars dernier devant les parlementaires.
M. Camdessus a néanmoins reconnu que les critiques du programme de soutien du FMI à la Russie étaient de plus en plus virulentes, en raison notamment de l’enlisement des réformes dans la Russie post-soviétique.
«A certains moments, les progrès ont été si lents que le soutien du FMI a été interprété par certains comme reflétant une politique de complaisance inhabituelle ou une simple erreur de jugement de notre part», a-t-il déclaré.
Il a dressé un somble tableau de la situation russe, s’étendant longuement sur les trois principaux problèmes que le FMI veut voir le gouvernement russe attaquer enfin en 1997: la chute continue de la production — dont les experts attendaient la reprise en 1996 —, l’omniprésence de la corruption et la faiblesse des impôts collectés qui place l’Etat «dans l’impossibilité d’assumer ses responsabilités» notamment sociales et salariales.
M. Camdessus a averti qu’un gouvernement qui ne parvenait pas à résoudre ce dernier problème — à l’origine du retard pris ces derniers mois dans le versement des tranches mensuelles du FMI — «encourageait l’anarchie ou la dictature ou les deux».
Faisant allusion aux liens privilégiés qui se sont tissés entre le pouvoir et une poignée de grands groupes industrialo-financiers, qui constituent pour beaucoup un frein important aux réformes, M. Camdessus a martelé que le gouvernement avait pour tâche principale d’instaurer un cadre économique avec des règles «justes, transparentes et également applicables à tous».
Face au crime organisé, il a plaidé pour un système légal et judiciaire «qui protège la propriété, les contrats signés, et aide à créér une atmosphère où prévaut l’ordre et la sécurité personnelle».
Au total, M. Camdessus reconnaît que la Russie est «en état de crise». Mais il refuse d’y voir «le résultat inévitable de la transformation économique de la Russie» et affirme qu’aujourd’hui, le succès — qui est d’une importance «allant bien au-delà de la Russie elle-même» — «est à la portée» des dirigeants russes.m
MOSCOU, 2 Avril (AFP). — Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Michel Camdessus a annoncé mercredi que le Fonds allait poursuivre son aide financière à la Russie, en dépit de la lenteur des réformes et des critiques dont cette aide fait l’objet.M. Camdessus a indiqué qu’aucune décision n’avait encore été prise pour reprendre les versements mensuels prévus dans le cadre d’un prêt de plus de 10 milliards de dollars sur la période 1996-98. Ces versements n’ont été débloqués qu’au compte-gouttes ces derniers mois, et près d’un milliard de dollars de prêts prévus pour être versés au 1er trimestre 1997 sont toujours en suspens.Mais il a laissé peu de doute que le FMI s’apprêtait à donner son feu vert, qui pourrait être annoncé dès jeudi après sa rencontre annoncée avec le...