Des bouteilles d’extrait de différentes marques et arômes de 5 cl, quelques, unes de 2,5 cl et, sept whisky de 1.3 ml… à peine visibles à l’œil nu. «Ce sont là les plus petits échantillons au monde», explique avec une pointe de fierté Paul Hadifé. Pourquoi une collection de mignonnettes? «Je suis un buveur occasionnel, pas le moins du monde alcoolique», commence-t-il par préciser. «A la base, j’apprécie toute ce qui est réduit. Maintenant pourquoi les bouteilles? Parce que j’aime leur forme». Pour le reste, notre collectionneur laisse aux disciples du Dr Freud le soin de décortiquer le symbolisme de cette passion… Et, affirme ne pas faire partie de ceux qui cherchent en permanence «le pourquoi du comment» de leurs actes. En fait, Paul a la collectionnite dans le sang. Enfant, il fait ses premières armes en accumulant les matchbox. Plus tard, il passera aux vraies Mercedes d’époque. Mais ceci est une histoire d’une autre… dimension. Entre-temps il commence une collection de briquets «Zippos», qu’il abandonne après en avoir réuni une cinquantaine. «Les zippos étaient devenus monnaie courante au Liban». Puis au cours d’un voyage, il y a dix ans, il tombe par hasard sur des bouteilles d’alcool miniatures. C’est le déclic. Il en achète quatre ou cinq. Qui seront le noyau de l’ensemble. Une collection qui s’étoffe régulièrement grâce à de multiples déplacements et de nombreux amis (encore une collection?!) qui ne manquent jamais une occasion de lui rapporter de nouvelles pièces.
Accident
Paul Hadifé possède donc, aujourd’hui, des centaines d’extraits d’alcool. Cela va de la reproduction fidèle de la bouteille grandeur nature, aux formes les plus originales. Les flacons mexicains ont le bouchon revêtu d’un sombrero, les chinois d’un chapeau conique… Certains ont des courbes de guitare, d’autres sont en céramique. Une marque de liqueur offre différentes saveurs dans des chaussons. Un whisky est caché dans une mini-balle de golf. Il y a aussi une bouteille de whisky à l’effigie de Charles et Diana distribuée en 1981 à l’occasion de leur mariage. Quelques micro-canettes, des flacons au design totémique, en obélisque, en façade d’immeuble, des figurines… Il indique, toutefois, qu’il n’apprécie vraiment que les formes classiques.
Naguère, en collectionneur avisé, PauL dressait des listes de ses acquisitions. Maintenant, il est submergé au point de ne plus s’y retrouver. D’où de petites mésaventures. «Récemment j’étais en Europe pour du travail», raconte-t-il. «Et comme à chaque fois j’en ai profité pour remplir mes valises de mignonnettes. En Ecosse, où je faisais une dernière étape, n’ayant plus de place dans mes bagages, je décide de limiter mes achats à cinq bouteilles, alors qu’une vingtaine s’offraient à mon choix: Manque de pot, les cinq que j’ai retenues, je les avais déjà! Bizarrement», reprend-t-il, «ma mère qui voyage beaucoup ne m’a jamais rapporté un doublon. Et pourtant, elle ne sait pas ce que j’ai».
Dans ce cas de figure, notre collectionneur fait contre mauvaise fortune bon cœur. S’il ne parvient pas à échanger la pièce qu’il possède en surplus… il l’ouvre et la siffle.
Coup double donc pour cette collection qui se présente comme un vrai régal pour les yeux — «je peux rester des heures à contempler mes petites bouteilles» — mais également, occasionnellement, pour le palais….
Zéna ZALZAL

