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Actualités - Chronologie

La terrible dérive d'un enfant sage du pays

DENVER (Etats-Unis), 1er avril (AFP). — Enfant sage, vétéran médaillé de la guerre du Golfe: l’histoire de Timothy McVeigh dont le procès s’ouvre lundi à Denver (Colorado), est celle de la terrible dérive d’un Américain ordinaire, sur fond d’échec social, de passion des armes et de haine du gouvernement fédéral.
A 28 ans, cet homme accusé avec un complice, Terry Nichols, du pire acte de terrorisme intérieur jamais perpétré aux Etats-Unis, reste une énigme, derrière son apparence de grand adolescent dégingandé au visage ordinaire et aux cheveux coupés très courts.
Selon l’accusation, il est celui qui a placé et mis à feu la bombe ayant tué 168 personnes et fait plus de 600 blessés le 19 avril 1995 à Oklahoma City. Il risque la peine de mort, plaide non coupable et n’a jamais montré la moindre émotion durant les audiences préliminaires au procès.
La préparation de l’attentat, perpétré le jour du deuxième anniversaire du dénouement dramatique du siège de Waco (Texas), lui aurait pris sept mois, le temps de se procurer les explosifs, de les stocker dans plusieurs entrepôts loués dans le Kansas, l’Arkansas et le Nevada, de voler des armes pour les revendre afin de financer l’opération.
Le repérage de l’immeuble fédéral d’Oklahoma City aurait eu lieu en décembre, avec Michael Fortier, complice s’étant ensuite désengagé et ayant accepté depuis de collaborer avec le gouvernement.
L’accusation localise McVeigh le 17 avril à Junction City (Kansas) où il aurait loué le petite camion ayant transporté la bombe. Celle-ci, de plus de deux tonnes, aurait été fabriquée le 18 par Nichols et McVeigh, à partir de nitrate d’ammonium, de gazole et de divers autres explosifs.
Le 19, McVeigh seul aurait conduit jusqu’à Oklahoma City et garé la camionnette piégée devant le bâtiment fédéral avant de mettre à feu le dispositif.
Rien dans une enfance banale passée à Pendleton, près de la frontière canadienne, ne permet d’expliquer un tel acte. Si, à 10 ans, le jeune McVeigh souffre du divorce de ses parents, après lequel il n’a jamais revu sa mère, il ne le montre pas. Il se passionne pour les armes à feu, s’applique à stocker des vivres et des armes dans la crainte d’une attaque communiste.
Intelligent mais peu sociable, il croit trouver son salut dans l’armée où il s’engage à 20 ans. C’est là qu’il rencontre, à la base de Fort Benning (Georgie), Terry Nichols, de 13 ans son aîné. Les hommes partagent la même défiance à l’égard du gouvernement fédéral. McVeigh est un avide lecteur de revues d’armes et d’ouvrages d’extrême-droite. Parmi ses livres favoris, «The Turner Diaries», roman culte des milieux d’extrême-droite, qui met en scène un attentat contre le FBI aux ressemblances frappantes avec celui d’Oklahoma City.
Soldat modèle, il connaît une brève gloire durant la guerre du Golfe, canonnier à bord d’un véhicule de combat, récompensé pour sa bravoure par une étoile de bronze.
Il rêve de devenir commando dans les bérets verts mais échoue: un échec qui, selon tous les témoignages, marque le début de sa dérive.
McVeigh quitte l’armée et sillonne le pays du nord au sud, vend des armes dans les foires spécialisées, vivant tour à tour chez son père, Fortier ou Nichols. Il a des contacts avec les organisations paramilitaires, alors que trois événements le confortent dans son hostilité croissante au gouvernement fédéral: le raid du FBI à Ruby Ridge (août 92), celui sur Waco, et le passage de la loi Brady sur le contrôle des armes à feu (nov 93).
DENVER (Etats-Unis), 1er avril (AFP). — Enfant sage, vétéran médaillé de la guerre du Golfe: l’histoire de Timothy McVeigh dont le procès s’ouvre lundi à Denver (Colorado), est celle de la terrible dérive d’un Américain ordinaire, sur fond d’échec social, de passion des armes et de haine du gouvernement fédéral.A 28 ans, cet homme accusé avec un complice, Terry Nichols, du pire acte de terrorisme intérieur jamais perpétré aux Etats-Unis, reste une énigme, derrière son apparence de grand adolescent dégingandé au visage ordinaire et aux cheveux coupés très courts.Selon l’accusation, il est celui qui a placé et mis à feu la bombe ayant tué 168 personnes et fait plus de 600 blessés le 19 avril 1995 à Oklahoma City. Il risque la peine de mort, plaide non coupable et n’a jamais montré la moindre...