Les superstitions liées aux comètes ne sont pas nouvelles, note Donald Yeomas, historien de l’astronomie.
Déjà, en 44 avant J-C, lorsqu’une comète apparut peu après l’assassinat de Jules César, son successeur, Auguste, s’empressa de lui consacrer un temple.
«Les gens ordinaires ont pensé que c’était l’âme de César qui rejoignait la demeure des dieux immortels», écrit Yeomas dans un livre consacré à l’histoire de l’observation des comètes.
Auguste a illustré d’une comète certaines pièces frappées sous son règne, «peut-être pour rappeler à ses sujets que le pouvoir lui avait été transmis des mains de son père adoptif, désormais deifié».
La venue des comètes a souvent été considérée comme un présage apocalyptique.
En 1773, Paris a été terrorisé par un article de Joseph-Jérôme Lefrançais de Lalande affirmant que 61 comètes ont des orbites les rapprochant de la terre. Il savait que les risques de collision étaient minimes mais il ne l’a apparemment pas souligné dans son étude.
En 1843, William Miller et ses partisans, les Millerites, avaient prédit la fin du monde, et l’apparition d’une grande comète a été considérée comme une confirmation de cette prédiction. Mais la terre n’a pas été détruite par le feu le 3 avril, comme il l’avait dit.
Une autre alerte à la comète s’est produite à Paris en 1857, mais elle était d’autant plus dénuée de tout fondement qu’aucune comète ne s’est manifestée, souligne Yeomas.
Lucy McFadden, astronome à l’Université du Maryland, s’étonne de la référence de la secte à la comète de Hale-Bopp. «Il est paradoxal qu’à l’époque d’Internet, alors que tant d’informations sont disponibles, il y ait des gens qui choisissent de se laisser emmener si loin de la vérité par leurs croyances», note-t-elle.

