L’établissement a annoncé par ailleurs jeudi qu’il avait choisi la banque d’affaires Deutsche Morgan Grenfell, filiale de la Deutsche Bank, pour l’aider à trouver un repreneur.
La relance de ce processus de recherche, interrompue l’été dernier par le ministère de l’Economie et des Finances, est le fruit de la mission de conciliation menée récemment par l’ancien président de la SNCF Philippe Rouvillois.
Celle-ci a dégagé un consensus «sur le fait que le Crédit Foncier dispose d’atouts certains mais qu’il ne peut, sans fonds propres et sans accès possible aux marchés financiers à moyen et long termes, poursuivre durablement son exploitation dans les conditions actuelles», rappelle le CFF.
Le Crédit Foncier avait déjà enregistré un bénéfice de 402 millions au 1er semestre 1996. Le résultat de l’année a été assuré par l’exploitation en même temps que par des éléments exceptionnels. Parmi ceux-ci, figurent un bénéfice de 257 millions de FF sur des cessions d’immeubles et des opérations de titrisation de créances sur les collectivités locales et une plus-value nette de 115 millions de FF sur des cessions de titres de participation et d’investissement.
Le produit net bancaire (chiffre d’affaires) recule de 8,1%, à 4.944 millions de FF, par rapport à 1995.
La production de crédits (17,1 milliards de FF) a baissé de plus de moitié par rapport à 1995.
La production de crédits (17,1 milliards de FF) a baissé de plus de moitié par rapport à 1995 (36,3 milliards), année marquée, en fin d’exercice, par la suppression, par le gouvernement, du dispositif des prêts PAP (accession à la propriété) dont le Crédit Foncier était le principal distributeur.
Poursuivant son recentrage sur son métier de base — les crédits à l’habitat —, après de coûteux errements de ses filiales dans la promotion immobilière, l’établissement souligne qu’il est parvenu l’an passé à augmenter de 54% sa production de prêts dans le secteur concurrentiel.
Les crédits à l’habitat ont représenté 80% de la production de l’exercice, celle des crédits concurrentiels atteignant 9,5 milliards de FF contre 6,1 milliards en 1995 en raison notamment d’une progression de 70% des prêts à l’accession sociale (PAS) et de l’accroissement de la production des nouveaux prêts à taux zéro, pour lesquels le CFF revendique une part de marché de 20%.
Les charges d’exploitation ont été réduites de près de 10% avant même le plan de réduction des effectifs en cours de négociation, ce qui a permis au résultat brut d’exploitation de progresser de 4,2% à 2,22 milliards de FF.
La charge du risque, y compris le résultat des filiales en pertes, s’est élevée à 1,7 milliard de FF, soit bien loin des 13,6 milliards de provisions passées dans l’exercice 1995.
Plus de la moitié de cette charge (904 millions) a concerné des opérations de promotion, secteur dont le Crédit Foncier est en voie de désengagement.
Pour son financement, le CFF indique que les opérations de cession ou de titrisation de créances sur les collectivités locales, pour plus de 20 milliards de FF, ont assuré celui des échéances normales et de la production nouvelle.
«Aux niveaux de production envisagés, la liquidité du Crédit Foncier est assurée au-delà de 1998 sans recours aux marchés», dit-il. Au-delà, il devra «impérativement être adossé à un actionnaire de référence qui puisse le faire bénéficier de sa signature» pour lever des fonds.
L’Etat, via la Caisse des dépôts, détient 90,6% du capital du CFF au terme d’une OPA lancée fin 1996 avant que Bercy ne renonce, sous la pression des salariés qui avaient occupé pendant trois semaines le siège de l’établissement, à une reprise partielle de ses activités par le Crédit Immobilier de France.
Parallèlement à la recherche d’un nouveau repreneur, le Crédit Foncier met en œuvre un important programme de départs volontaires à la retraite. Il entend négocier ensuite, à l’horizon du 4e trimestre, un plan d’adaptation des effectifs (3.300 salariés actuellement) au nouveau contexte d’un Crédit Foncier «pleinement concurrentiel» et recentré sur son métier de base.

