«Nous frapperons d’une poigne de fer quiconque cherchera à saboter la sécurité palestinienne», a déclaré un haut responsable de la sécurité dans un communiqué distribué aux médias.
Ce haut responsable palestinien non identifié a affirmé que l’Autorité palestinienne de M. Yasser Arafat considérerait toute opération du Shin Beth dans les territoires comme un «acte de guerre».
Il réagissait à une information diffusée mardi par la seconde chaîne de la télévision israélienne selon laquelle le Shin Beth a été autorisé à mener de nouveau des opérations dans les territoires autonomes palestiniens.
Le communiqué palestinien a affirmé qu’Israël «n’a jamais stoppé ses activités secrètes dans les territoires palestiniens en dépit des accords de paix».
Il faisait notamment référence au meurtre le 5 janvier 1996 du principal artificier du mouvement de la résistance islamique (Hamas), Yéhia Ayache, attribué à des agents du Shin Beth. Il avait été tué par l’explosion de son téléphone cellulaire.
La télévision israélienne avait précisé qu’un budget spécial avait été débloqué pour le Shin Beth afin qu’il remplisse ses nouvelles missions dans les territoires autonomes.
La décision de réactiver les opérations du Shin Beth aurait été prise à la suite de l’attentat-suicide commis par un intégriste palestinien, vendredi, à Tel-Aviv, et compte tenu d’un manque de coopération des services de sécurité palestiniens dans la lutte contre les organisations fondamentalistes.
Le Shin Beth, chargé du contre-espionnage et de la lutte «antiterroriste», dépend directement du premier ministre et dispose d’un budget annuel de plus de 150 millions de dollars. Il avait joué un rôle essentiel dans la répression anti-palestinienne durant l’Intifada (le soulèvement palestinien de 1987 à 1993) en utilisant notamment les services de collaborateurs palestiniens.
Mais le retrait militaire israélien d’une partie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza a réduit la liberté de mouvement des agents du Shin Beth dans les territoires, tandis qu’une bonne partie des collaborateurs palestiniens ont été installés en Israël pour assurer leur sécurité.
Israël a accusé à plusieurs reprises la sécurité palestinienne de mener des activités d’espionnage sur son sol en se servant de ces anciens collaborateurs.

