Près de 500 Croates et Musulmans se sont rassemblés sur le parvis de l’église St-Joseph où un attentat a été perpétré dans la nuit de lundi à mardi. Les auteurs de cet attentat, commis à dix mètres d’un commissariat de police, n’ont toujours pas été identifiés.
La bombe, qui n’a pas fait de victimes mais a causé des dégâts matériels, avait été posée près de la porte de la sacristie.
Quatre policiers bosniaques ont été suspendus le lendemain pour négligence professionnelle.
Cette manifestation organisée sous le slogan «Restaurons des mosquées, sauvegardons les églises» devait, selon les organisateurs, démontrer la solidarité existant entre les habitants de Sarajevo — Croates, Musulmans et Serbes — contre la récente vague d’attentats perpétrés contre des édifices religieux.
«Nous nous attendions à voir beaucoup plus de monde. J’espère que nous n’aurons plus jamais besoin d’organiser ce type de manifestations», a déclaré l’organisateur de cette manifestation, le Musulman Senad Pecanin, rédacteur en chef du magazine bosniaque «Nasi Dani».
Mirza Hajric, un conseiller du président Alija Izetbegovic, présent dans la foule, a déclaré de son côté que «les autorités feront tout ce qui est en leur pouvoir pour que ce type d’incidents ne se reproduise plus».
L’attentat perpétré contre l’église St-Joseph avait été précédé par une série d’incidents de même nature.
Le monastère des fransciscains et l’église St-Antoine à Sarajevo et l’église Ste-Thérèse à Donji Vakuf (centre de la Bosnie) ont été notamment la cible d’attentats au cours des dernières semaines.
L’agence de presse catholique à Sarajevo avait récemment fermé temporairement son bureau d’information après un appel anonyme annonçant l’assassinat du pape Jean-Paul II s’il venait en Bosnie.
Le souverain pontife est attendu les 12 et 13 avril à Sarajevo.
217 églises catholiques, situées sur le territoire de la Fédération croato-musulmane, l’une des deux entités de la Bosnie, ont été la cible d’attentats depuis la fin de la guerre croato-musulmane au printemps 1994, selon des chiffres communiqués par l’évêché de Sarajevo.


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