«Les débris des missiles détruits ont été transférés à Bahrein et doivent être acheminés aux Etats-Unis» pour y être analysés, a indiqué M. Roger Knight, assistant du directeur du centre de supervision de la Commission de l’ONU chargée du désarmement de l’Irak (UNSCOM).
Les débris de missiles ont été transférés à Bahrein, base arrière des opérations de l’UNSCOM en Irak, à bord d’un avion de la Commission, a ajouté M. Knight.
Le responsable de l’ONU n’a pas précisé si Bagdad avait transféré toutes les pièces de missiles que l’UNSCOM voulait examiner, ni dans quel laboratoire des Etats-Unis les débris allaient être analysés.
L’Irak s’était opposé jusqu’en février au transfert des pièces de missiles, dont 130 moteurs, aux Etats-Unis. Il avait proposé de les faire analyser en Russie, ce que l’ONU avait refusé.
Le 23 février, Bagdad a finalement accepté de laisser examiner à l’étranger ces débris de missiles pour vérifier qu’il a bien désarmé. Cette acceptation faisait suite à une mission de quatre jours à Bagdad du chef de l’UNSCOM, M. Rolf Ekeus.
Le compromis obtenu par M. Ekeus consistait à les faire analyser dans les laboratoires de plus d’un pays.
M. Ekeus avait alors indiqué que l’UNSCOM avait reçu «des offres de laboratoires des Etats-Unis et de France, et qu’une offre faite par la Russie était examinée».
Les experts de l’ONU veulent s’assurer que l’Irak a bien détruit les missiles SCUD qu’il avait importés d’ex-URSS, et qu’il n’a pas présenté des pièces fabriquées sur place comme preuve de leur destruction.
L’UNSCOM supçonne l’Irak de dissimuler plus de 16 missiles parce que les pièces originales importées, qui pourraient attester de leur destruction, manquent dans l’inventaire dressé par les autorités irakiennes.
En vertu de la résolution 687 du Conseil de Sécurité de l’ONU, l’Irak est tenu de démanteler son arsenal chimique, biologique et nucléaire, et de se défaire de ses missiles d’une portée supérieure à 150 kilomètres.
Les inspecteurs de l’UNSCOM doivent attester, en vertu de cette résolution, que l’Irak a bien détruit toutes ses armes de destruction massive, avant que soit levé entièrement l’embargo sur les ventes de pétrole qui lui est imposé depuis l’invasion du Koweit en août 1990.
Le 3 mars, le Conseil de Sécurité de l’ONU a décidé de maintenir les sanctions internationales imposées à l’Irak pour son refus de se plier aux résolutions de l’ONU.
Cette décision avait été prise à l’issue d’une session à huis clos du Conseil de Sécurité au cours de laquelle M. Ekeus avait accusé l’Irak de continuer à cacher des armements biologiques et chimiques et indiqué que des doutes subsistaient sur la destruction par ce pays de ses missiles de moyenne portée.
Il avait notamment indiqué que ses inspecteurs sur le terrain n’avaient pas pu prouver que l’Irak avait détruit 3,8 tonnes de gaz innervants mortels, l’agent VX, «le plus dangereux de tous les armements chimiques» selon lui.


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